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      NEWSLETTER JANVIER 2010
 

1 «Vincere » de Marco Bellochio Italie
2 « Still walking » de Kore Eda Japon
3 « Harvey Milk de Gus Van Sant Etats-Unis
4 « Gran torino » de Clint Eastwood Etats-Unis
5 « Un prophète » de Jacques Audiard France
6 « The Wrestler » de Darren Aronofski Etats-Unis
7 « Ce cher mois d’août » de M.AGomez Portugal
8 « Le ruban blanc » de Mickaël Haneke Allemagne/Autriche
9 « 24 city » de Zhia Zhang Ke Chine
10 « Le roi de l’évasion » d’Alain Guiraudie France
« Non ma fille, tu n’iras pas danser » de Christophe Honoré France

Pas vu/regrets :
« Les beaux gosses » de Riad Sattouf et bien sûr « Singularité d’une jeune fille blonde » d’Oliveira + les films de décembre « Avatar » de Cameron et « Tetro » de Coppola.

Plutôt décevants/ ils ont déjà fait mieux
Le Ken Loach « Looking for Eric », Le Almodovar, le film d’Elia Suleiman et même le Resnais « Les herbes folles » malgré sa modernité

Et enfin 11ème ex aequo avec le retour en forme pour quelques grandes séquences de pur cinéma :
« Antechrist » de Lars Van Trier
« Inglorious Bastard » de Quentin Tarentino
« Whatever Works » de Woody Allen

Un palmarès cosmopolite
Si les Etats-Unis et la France se retrouvent avec 3 citations chacun dans le palmarès que je propose, il n’y a rien d’étonnant : ce sont des cinématographies bien vivantes.
Le retour du grand cinéma italien avec le très beau et très intéressant « Vincere » rappelle aux plus jeunes, à quel point les grands cinéastes italiens nous manquent et dans la patrie de l’horrible Berlusconi, le film historique, intelligent, moderne de Bellochio est signe d’espoir.
Du cinéma asiatique, je continue à penser le plus grand bien et cela me semble une chance aux Rencontres, de pouvoir montrer de si belles œuvres, souvent impeccablement réalisées.
La présence d’un cinéaste autrichien et portugais ne surprend pas. On peut retrouver dans ces classements, depuis 10 ans, bien des films venus de ces territoires cinématographiques, où le cinéma d’auteur a toujours eu ses lettres de noblesses et ce depuis les années 30 et le développement de l’industrie cinématographique.
Si l’on excepte « Le prophète » et « Grand Torino », aucun de ces films ne bénéficiait d’une grande promotion et d’un nombre de copies élevé (en général – de 300 copies). On est loin des films qui cartonnent au box office, destinés aux enfants et aux adolescents surtout, produits de consommation immédiate proposés par l’industrie du divertissement, dont il semble si bon de chanter les louanges. Par chance, les films d’animation USA vedettes de l’année étaient, paraît-il assez bons, comme d’ailleurs « Le Petit Nicolas ». « Colombine », très beau dessin animé, ne figure pas au box office et pourtant celui-là me semble relever du 7° Art, comme les grands dessins japonais de Takahata ou Myazaki.

Je n’ai classé que des films vus à Rieupeyroux depuis février. « Les plages d’Agnès » ou « Two lovers » de James Gray étaient sortis en 2008. Ils auraient pris place dans cette liste. Cela montre bien qu’il est possible de faire cohabiter les films d’auteur et les grandes productions dans une même salle, de croiser les publics, de faire vivre toute l’industrie ciné, de donner leur chance à bien des auteurs.
Ce que nous allons faire une nouvelle fois en janvier, avec un programme éclectique, attrayant, avec une large part à la production française.

Au rayon comédies françaises : « Le vilain » d’Albert Dupontel, aussi à l’aise derrière la caméra que devant avec l’excellente Catherine Frot, actrice aimée du public rieupeyrousain. Le comique grinçant de Dupontel fait merveille tant qu’il est méchant ; un drôle de rapport mère/fils, un duel à découvrir dès le 6 janvier à 15h.
Pour la semaine suivante, le très attendu « Concert » de Radu Mihaileanu, cinéaste d’origine roumaine à la tête d’une production française. On se rappelle du succès public de « Vas, vis et deviens » et Mihaileanu avec « Le concert », retrouve son public et s’installe au panthéon des cinéastes populaires. C’est très drôle, très émouvant, très enlevé et d’après ceux qui l’ont vu dans mon entourage, une bonne surprise !
A découvrir en fin de mois, « La famille Wolberg », premier film d’Axelle Ropert, très remarqué à Cannes, dans les sections parallèles. C’est une comédie dramatique assez légère autour d’une famille et d’un père à la forte personnalité. Une touche de mélo, mais toujours une grande sensibilité et des qualités évidentes de mise en scène, le film d’Axelle Ropert mérite plus qu’un succès d’estime.

Enfin, dans le genre comédie dramatique, un film très attendu du public des Rencontres « Les contes de l’âge d’or », film très bien reçu par la critique, les grands médias français. C’est pour nous un bonheur de retrouver Cristian Mungiu derrière ce projet, dont une des réalisatrices Iona Uricaru viendra nous parler. Cette comédie dramatique, proche parfois de la farce nous ramène aux dernières années du régime de Ceaucescu, dites celles de l’âge d’or, alors même que le pays se débattait dans de graves problèmes. L’humour féroce de ces conteurs fait merveille et il faut déjà que vous cochiez cette date : samedi 23 janvier. Les Rencontres, je l’ai dit, sont fidèles et ce nouvel échange avec les roumains, annonce peut-être d’autres collaborations.

Dans le genre dramatique, deux productions françaises aux antipodes l’une de l’autre : « Oscar et le dame en rose » de l’écrivain dramaturge Eric Emmanuel Schmitt, qui autour du sujet du cancer des enfants, propose un mélo sensible avec Michèle Laroque, le jeune Amir et Amira Casar. Ce film a trouvé son public, toujours au rendez-vous de l’émotion et des larmes !
« Hadewijch » de Bruno Dumont, cinéaste exigeant et fort à qui nous devons le dérangeant et intransigeant « Flandres » ou le non moins surprenant « La vie de Jésus ».
Dumont, à travers le personnage de la jeune Hadewijch interroge la foi violente, choquante d’une jeune fille amoureuse de Dieu. Que cette folie amoureuse de Dieu la mène sur des chemins dangereux, c’est une évidence. Virée du couvent, elle rencontre Yassine et Nassir, intéressés par cette grâce et cette folie mystique. Un sujet encore une foi difficile, de personnages dérangeants et une mise en scène solide, tirant le meilleur de la jeune Julie Sokolowski, c’est la marque de fabrique de ce jeune « auteur », pour employer un terme dévalué, bêtement moqué même parfois, par ceux là même qui ne voient dans le 7° Art ? qu’un divertissement commercial !


Autre OVNI cinématographique, le retour d’Alain Cavalier, cinéaste ayant touché la grâce avec l’excellent « Thérèse » consacré à la vie cloîtrée de Ste Thérèse de Lisieux. On se souvient de la qualité des tableaux séquences, admirablement éclairés, consacrés à ce monde clos, dur qu’illuminait le sourire de Catherine Mouchet. Ici, Cavalier revient à travers une sorte de documentaire sur une femme aimée, morte depuis longtemps : à partir d’un cahier retrouvé, quel films faire pour évoquer pleinement cette histoire. Bien sûr, c’est original, rare et la qualité morale de ce regard de filmeur exceptionnel que reste Alain Cavalier (« La Chamade », années 70, c’était déjà lui, avec Brigitte Bardot, je crois !)

Bien sûr, il n’y aurait pas de grand mois de janvier sans une grosse production USA, ce sera « Avatar » de James Cameron, de retour à la science-fiction, pour un film cher, très attendu et semblant réunir critiques et public dans un concert de louanges. Bien sûr, c’est long, mais c’est ambitieux et depuis « Abyss », on sait la puissance imaginative de Cameron. A découvrir et pour certains à revoir à Rieupeyroux dès le 27 janvier.

Je garde pour la fin, la reprise des ciné-goûters, mercredi 20 janvier à 15 h, avec « Kerity, la maison des contes, de Dominique Montféry. Ce film s’adresse à tous, aux enfants dès 5 ans. C’est une belle réflexion sur le pouvoir attractif des contes, de la lecture !


Guy Pezet




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