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| NEWSLETTER FEVRIER 2010 | | | Des auteurs confirmés, des découvertes ; une programmation pour tous les goûts
A tout seigneur, tout honneur, commençons par « Tetro », le si attendu dernier film de F. Ford COPPOLA avec Vincent Gallo ! Coppola est un des plus grands réalisateurs vivants et depuis la Palme d’or 1973 « Conversation secrète », je n’ai jamais vu un « mauvais film » de Coppola, le multi palmé (Apocalyse Now) et le multi oscarisé (Les Parrains-Rusty James) et même certains de ses films dits mineurs comme « Jardins de pierre » m’ont profondément ému. Coppola revient à travers une histoire familiale, de retrouvailles difficiles entre deux frères, grandis à l’ombre d’un père despotique. Peut-être une lecture autobio est-elle possible ? Le père est chef d’orchestre comme l’était Carmine Coppolla.
C’est aussi le retour sur les écrans du surdoué Vincent Gallo, jeune acteur impressionnant dans « Arizona Dream » de Kusturica, puis jeune réalisateur prometteur dans « The Brown Bunny » ou « Buffalo 66 ». Encore une bonne raison de découvrir « Tetro », ce mercredi 3 février ou le 6 à 17h !
Pour confirmation aussi de son grand talent, un film présenté à Cannes 2009 en compétition « Brigth star » de Jane Campion, elle aussi un peu oubliée depuis sa grande décennie 90/2000, où tour à tour, « Sweetie », « An Angel at my table » puis « La leçon de piano » l’imposent comme une grande réalisatrice. Je n’ai pas vu ses derniers films mais je suis impatient de retrouver son style autour de l’histoire dramatique du jeune et brillant poète John Keats. Amoureux de la langue anglaise, amateurs de fiévreux frissons romantiques, « Bright star » est un film à ne pas manquer !
Dans la série découverte, deux films aux tonalités fort différentes quoique portant un regard acéré sur la fin de l’enfance et l’adolescence.
« La merditude des choses », qui n’est pas un film de Georges Frêche (actualité quand tu nous tiens !) mais le 1er film de Felix Van Groeningen, une production belge et néerlandaise décapante. C’est d’une comédie drolatique et dramatique qu’il s’agit autour de la vie complexe de Gunther, un enfant de 13 ans, évoluant dans un contexte social particulièrement chargé. Proche parfois de l’esprit Groland ou des films de Bouli Lanners (Eldorado), les Rencontres persistent et signent en vous proposant ce film différent, trash, d’un humour salutaire par ces temps de politiquement correct asphyxiant ! L’indice de satisfaction des spectateurs est bon et il y a un public pour autre chose que les tièdes comédies françaises si peu soucieuses de se confronter à une certaine réalité sociale.
« Une vie toute neuve » d’Ounie Lecomte, production sud coréenne et française, véritable révélation de ce début d’année. Ce film sensible, émouvant suit le parcours et les interrogations d’une fillette placée en orphelinat et attendant d’être placée dans une nouvelle famille. La portée universelle de cette histoire en a bouleversé plus d’un et le film obtient un succès d’estime, dû à un bon bouche à oreille.
Donc quatre films importants avant un gros mois de mars où l’on retrouvera « Invectus » d’Eastwood, « Serious man » des Coen, « Gainsbourg » de Joann Sfar et sans doute « Mother » de Bong Jong Hoo, autre grand cinéaste sud-coréen, qu’Elisabeth nous a chaudement recommandé après le festival de Ciné 32 à Auch…
La programmation de février, mois de vacances scolaires, fait une large place aux films à destination du jeune public. Tout d’abord, pour les plus jeunes, un ciné-goûter le mercredi 24 février avec deux films « Mélie pain d’épice » pour les petits dès 3 ans, puis le remarqué « Panique au village » pour les plus grands à partir de 7 ans, le tout suivi d’une discussion et d’un goûter !
Pour les adolescents, soucieux d’émotions fortes et pour les adultes incrédules qui croient encore qu’on ne peut pas avoir peur au cinéma « Paranormal activity » et ces 3 millions de spectateurs en France en France après son colossal succès aux USA. Un film pas cher qui a rapporté gros, basé sur un concept simple : filmer ce qui se passe la nuit dans une maison hantée… C’est le point de vue du jeune couple victime des acteurs que nous partageons. A découvrir car c’est le 1er film fauché d’Oren Peli !
Pour tous, enfin « Alvin et les Chipmunk 2 », comédie d’animation ayant réussi à survivre au dernier « Avatar » dans la fréquentation de janvier. C’est dire que c’est une valeur sûre, les films pour les plus petits. 200 spectateurs attendus minimum pour cette 1ere semaine de vacances !
Et toujours pour tous publics, terminons le mois en beauté avec « Loup » de Nicolas Vanier, le 27 et 28. On ne présente plus l’écrivain, aventurier et désormais cinéaste, mais vous allez découvrir à Rieupeyroux le 27 février à 21h, le jeune acteur Nicolas Brioudes, qui témoignera de l’aventure de ce tournage. Une soirée exceptionnelle encore, un mois après celle consacrée au cinéma roumain, et précédant peut-être une grand soirée consacrée au cinéma iranien et à la situation à Téhéran, en mars. Fidélité quand tu nous tiens !
Enfin, toujours en direction des ados, des jeunes, un film allemand mettant en scène une bande de graffeurs et leur art. « Woletrain » vient de sortir en France et ce film est projeté en liaison avec l’expo et les animations concernant cet art, que propose en ce mois de février le Centre Culturel. Gageons que les stages proposés fassent le plein et qu’il en sera de même pour ce film qui sera projeté le samedi 20 et dimanche 21 février, au cœur des vacances scolaires.
Donc, un programme ciblé à l’attention des jeunes de tous les âges avec 6 films proposés en 15 jours ! Qui dit mieux !
Guy Pezet |
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| La lettre d'avril 2010 | | | Mille excuses tout d’abord pour l’absence de cette lettre mensuelle en mars, mais la campagne électorale est passée par là, suivie des 10 ans de l’association Serènes Sereines, des conseils de classe, des…N’en jetez plus, mon emploi du temps était plein, mais je n’ai pas délaissé le cinéma et j’ai vu quelques bons films en mars, comme « Mother » de Bong Joon Ho, qui fait plus que confirmer tout le bien que je pensais de son cinéma, capable de transcender les codes parfois étroits de tous les genres : thriller, film catastrophe… Ce coréen a du génie dans cette façon particulière de creuser ses personnages, de leur donner une épaisseur humaine profonde et ambiguë.
J’ai aussi aimé l’inventif et souvent brillant (toute le 1ère heure) de « Gainsbourg » ! Tout cela n’arrivant pas à occulter le souvenir éblouissant de « Tetro » de F. Ford Coppola, l’un des plus beaux films (la phot en noir et blanc, Vincent Gallo..) de ces dernières années. Il faut courir le voir, si vous l’avez raté !
PROGRAMMATION D’AVRIL
La première semaine, sans que nous l’ayons voulu, s’inscrit dans un champ lexical guerrier, qui ne laisse en rien augurer du genre des films proposés.
«Une exécution ordinaire » est le 1er film du romancier Marc Dugain, adaptant au cinéma un de ces romans, avec le très grand André Dussolier dans le rôle de Staline, loin de ces rôles habituels chez Resnais par exemple. C’est à un Staline vieillissant que s’intéresse Dugain, un Staline souffrant confronté à une jeune urologue, l’excellente Marina Hands. Avec de tels acteurs, sur un grand sujet, il me tarde de découvrir le drame original qu’en a tiré Dugain.
Pour « Le soldat Laforêt », c’est une soirée spéciale avec la cinémathèque dans le cadre du festival Zoom arrière que nous vous convions. C’est surtout l’occasion d’un hommage à une figure du cinéma en Midi-Pyrénées et en Aveyron : Guy Cavagnac. Son film date des années 70 et raconte l’arrivée d’un soldat parisien en Aveyron fuyant l’avancée allemande, lors de la débâcle de l’armée française. Pour ce soldat déboussolé, c’est comme un paradis terrestre et ces curieux habitants qu’il découvre. De l’émotion, de la poésie, de la drôlerie, de savoureux personnages pour un film à découvrir et à revoir en présence de Guy Cavagnac, son réalisateur. Pour ceux qui l’ont croisé à Gindou lors du festival, à Decazeville pour ses séances cinéclubs ou au hasard des rues de Villefranche, ce sera l’occasion de retrouvailles émouvantes avec le cinéaste.
La semaine suivante sera américaine avec deux films échappant à la main mise hollywoodienne : « Fantastic Mr Fox » de Wes Anderson et « Precious » de Lee Daniels.
« Fantastic Mr Fox » est un film d’animation pour tous qui sera l’objet d’un ciné goûter. Racontant les aventures de 3 fermiers partant à la chasse au renard, ce film est l’occasion pour petits et grands, de retrouver l’humour de ce cher Wes Anderson (« La vie aquatique », « A bord du Darjeeling limited »), son sens des situations comiques. C’est aussi l’occasion de passer un bon moment de cinéma en famille en plein cœur des vacances de printemps.
« Precious » est un de ces petits films indépendants américains qui franchissent, grâce au bouche à oreille et à leur succès inattendu les barrières de la distribution traditionnelle. Comme « Little miss sunshine », comme « Juno », « Precious » se concentre dur la figure étonnante d’une ado comme les autres (aspirations, insertion dans le monde moderne) et pas comme toutes les autres (surpoids). C’est encore une fois la découverte d’un tempérament d’actrice, d’un pur talent ne demandant qu’à s’épanouir. Ce film multi nominé aux oscars est attendu et « Precious », malgré un nombre de copies limité a bien tiré son épingle du jeu, ces dernières semaines.
En fin de vacances (24 et 25 avril), deux grands noms, chers à l’équipe des Rencontres : Tony Gatlif et Martin Scorcese.
Tony Gatlif nous revient ave « Liberté », un film revenant sur le triste sort des Tziganes durant la seconde guerre mondiale à travers l’histoire de « justes » prenant en charge des enfants tziganes abandonnés. Comme toujours c’est aussi avec son cœur que filme Gatlif, avec son goût pour la musique, son sens de l’humour au cœur des sujets les plus graves. Ce cinéaste attachant, dont nous projetons tous les films, nous permet de découvrir enfin à l’écran le talent de James Thierrée, multi récompensé aux Molières et petit fils de l’illustre Charlie Chaplin. Pas si étonnant que cela de le retrouver chez Gatlif qui films lui aussi le plus souvent les laissé pour compte, les vagabonds modernes !
« Shutter Island » de Martin Scorcese avec Leonardo Di Caprio, un de ses acteurs fétiches « Aviator », « Les Infiltrés »…) est un des gros succès populaires de ce printemps (près de 3 millions d’entrées en France) Adaptation d’un romain culte, ce thriller angoissant tendu, fascinant nous plonge dans l’univers inquiétant de la folie meurtrière. A voir et revoir, paraît-il ! Scorcese est un des cinéastes majeurs de la fin du XXème siècle et il ne perd rien de sa virtuosité.
Enfin, pour se préparer au joli mois de mai, le 28 avril et le 2 mai, le dernier Polanski, enfin dans l’actualité pour ce qu’il sait le mieux faire, un grand film « The ghost writer ». Polanski depuis 1960 a toujours réalisé de grandes œuvres : « Cul de sac », « Rosemary’s baby », « Chinatown », « Tess », « Le pianiste »… pour évoquer celles qui m’ont le plus marqué. Avec « Ghost writer », c’est un thriller politique qu’il nous propose : que peut-il y avoir de dangereux à accepter de travailler à l’écriture des mémoires d’un ancien premier ministre britannique, type Tony Blair ? Ewan Mac Gregor bien dirigé se révèle un très bon comédien et donne une autre dimension à sa carrière.
Vous pouvez aussi découvrir « La rafle », film bénéficiant d’une promotion indécente (médias de tous ordres avec Drucker en chef d’orchestre, label éducation nationale …) nous invitant tous à voir ce film, sur une page noire de l’histoire de France : la rafle du Veld Hiv du 16 avril 1942, et le rôle prépondérant du gouvernement de Vichy répondant avec zèle aux attentes de l’occupant. Rien ne nous dit dans de tintamarre médiatique si l’inconnue Roselyne Bosch est une grande cinéaste, si le film est réussi, si Jean Reno et Gad Elmaleh ont été bien choisis. J’ai un petit doute, vu l’extrait présenté au journal TV où Reno est censé pleurer ! On était très loin du superbe « Monsieur Klein » de Joseph Losey, avec Alain Delon, pris dans la rafle que j’ai revu cet hiver avec tant d’admiration.
Bien sûr, je m’obligerai à aller voir « La rafle », après « Liberté » de Tony Gatlif, pour pouvoir revenir dans cette chronique sur ces films à grand sujet et parfois gros budget, qui participent du médiatique « devoir de mémoire » cher à nos élites.
Comme il n’y a pas d’élections en mai, juin, je vous jure qu’au sortir de « La rafle », je n’irai pas voter Le Pen ! En effet, la sortie du film a été concomitante du bon score du susnommé aux régionales et je trouve ces rapprochements paradoxaux dignes d’intérêt, tout à fait dans l’air du temps médiatique, qui ne me semble pas toujours très pur.
Guy Pezet
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Le joli
mois de mai
- Bien sûr avril a été beau
et nous avons pu découvrir au moins deux
très beaux films d'auteurs confirmés : Scorcese
et son "Shutter
Island" et Roman Polanski pour "The ghost-writer".
Bien
sûr il y aura Cannes et son lot de découvertes
enthousiasmantes, mais
aussi les tristes et souvent stupides quotidiennes de Canal - ... mais
quant à
nous, à Rieupeyroux il y aura pour tous les
passionnés du 7ème Art, un
fort joli mois de mai, avec des films intéressants,
ambitieux, des univers
forts à découvrir, parcourir, apprivoiser.
Je vais parler d'abord des films que j'ai vus et qui seront
programmés le
mercredi à 21h et le dimanche à 17h. C'est tout
d'abord, dès le 5 mai, un
documentaire attendu de tous ceux qui s'interrogent sur l'avenir de
notre planète,
de notre agriculture, et qui essaient de faire face au catastrophisme
économique et environnemental ambiant : "Solutions
locales pour un désordre global" de Coline
Serreau.
Femme
de conviction, soucieuse de se démarquer des films alerte
type Hulot,
Yann Artus Bertrand et cie, Coline Serreau a parcouru la
planète à la recherche
de solutions, de réflexions susceptibles d'enrichir les
nôtres. Elle convoque
même Pierre Rabhi pour stimuler notre réflexion
sur les alternatives à notre
déclinant système capitaliste sur
financiarisé. Quand Sarko et son équipe
semblent prêts à proposer des solutions globales
pour des désordres locaux
(violences de Tremblay, problème du voile
intégral...), la cinéaste change et
même renverse intelligemment la perspective de nos
sacro-saints débats. Nous
qui sommes soucieux d'actions culturelles locales de
qualité, nous serons au
1er rang de cette projection événement ce
mercredi 5 mai à 21h.
Le
12 mai, nous vous invitons à découvrir le dernier
film de Claire Denis
"White
material", une cinéaste assez rare sur les
plateaux TV, car
exigeante, moderne et faisant peu de concessions au star system
dominant.
Claire Denis situe don film dans un pays africain non
précisé, confronté à
l'affrontement de jeunes milices d'une guerre civile pleine de
confusion
violente, caractéristique de ces conflits
régionaux, aux résonances
internationales, ne serait-ce que par la présence des blancs
et bien sûr des
armes (voir le Libéria des années 90, par
exemple). C'est ce climat
particulier, cette sensation d'hébétude
généralisée qu'excelle à
peindre Claire
Denis. C'est aussi l'obstination d'une femme blanche, Isabelle Huppert,
comme
toujours au sommet, soucieuse de sauver da plantation de
café qui forme l'enjeu
fictionnel à la base du film.
Claire Denis est
née au Cameroun et connaît donc bien l'Afrique,
ses couleurs,
sa chaleur, ses paysages, les sensations
éprouvées durant son enfance. Elle a
travaillé pour ce film avec Marie N'Dyaye, Prix Goncourt
2009 pour "Trois
femmes puissantes", ce qui donne à la tonalité
d'ensemble du film une
justesse singulière. Depuis "Chocolat"
en passant par "Nenette
et Boni" ou "Beau
travail", Claire Denis poursuit son travail de
cinéaste exigeante. J'allais oublier la musique originale,
pas du tout locale
de Tinderstick avec lesquels elle avait déjà
travaillé (Trouble
every day). A
voir donc!
Autre film aussi à
découvrir de toute urgence, "Ajami"
de Copti et
Shani, jeunes cinéastes palestinien et israélien,
amis et frères d'armes
cinématographiques pour le meilleur dès leur
premier film. "Ajami" a
été remarqué et cité
à Cannes 2009, par le jury de la Caméra d'Or.
"Ajami" c'est le nom d'un quartier de Jaffa, ville
israélienne au sud
de Tel Aviv, où cohabitent communautés juive,
musulmane, chrétienne, mais aussi
police israélienne, réfugiés
palestiniens des territoires, arabes palestiniens
vivant et travaillant en Israël. C'est l'imbrication
quotidienne extrême de ces
populations que le film donne tragiquement mais magnifiquement
à voir, dans ce
film habile et bien maîtrisé, en croisant les
destins mais aussi les points de
vue de cinq personnages, autour d'une histoire de lutte de clans
liés au trafic
de drogue.
Un duo de cinéastes prometteur, pour un film fort,
intelligent, nous donnant
une image complexe de la réalité
israélienne.
Autre cinéaste, confirmant son importance malgré
ces tournages quasi
clandestins, le chinois Lou Ye et ses "Nuits
d'ivresse printanière".
Lou Ye a obtenu le prix du scénario à Cannes en
2009 pour ce mélodrame
sociétal, trois ans après la
découverte de son film le plus politique "Une
jeunesse chinoise".
Ces nuits fiévreuses, agitées sont celles de deux
trios impossibles se mettant
en place autour du troublant Jiang Cheng, figure homo centrale de cette
chronique nocturne, dans une Chine contemporaine qui travaille mais
dont la
jeunesse, là comme ailleurs, recherche liberté,
sentiments exacerbés, exutoires
divers à ses désirs.
Comme souvent avec les grands cinéastes chinois, tout autant
que l'histoire de
ses jeunes héros, c'est ces images de la Chine que le
spectateur découvre avec
intérêt, loin des clichés officiels des
journaux TV. Du beau, du lourd donc en
cette fin mai !
Je ne m'attarde pas sur "Alice
au pays des merveilles" de Burton et
sur "Dragons",
films à destination des enfants de bonne qualité
et
rencontrant un beau succès public ; de même sur le
1er film de Pascal Chaumeuil
"L'arnacoeur"
avec Romain Duris et Vanessa Paradis dans une comédie
sentimentale pleine de fraîcheur.
Deux
autres films français doivent retenir l'attention des
habitués de la salle
Gilbert Alauzet.
"Mammuth"
du duo grölandais" Kerven et Delépine que nous
avons
toujours soutenu "Altra" et "Avida" films confidentiels ont
été montrés au festival des
Rencontres. "Louise Michel" avec
l'épatante Yolande Moreau a triomphé il y a 18
mois environ.
Cela s'annonce donc toujours décapant, parfois
décoiffant avec au centre de
cette nouvelle fiction, un énorme Depardieu, jeune
retraité partant à la recherche des
bulletin de salaire égarés dans la nature des
petits boulots, des petits
patrons qu'il a rencontrés. Sur sa "Mammuth" du titre, c'est
une
autre France populaire que Kerven et Delépine imposent
à la face d'un cinéma
hexagonal souvent conformiste et confortable, dans le traitement de ces
comédies petites bourgeoises.
Autre comédie différente en train de trouver son
public "Les
invités de mon
père" d'Anne le Ny, déjà
remarquée pour "Ceux qui restent" en
2007 avec Vincent Lindon et Emmanuelle Devos. C'est l'histoire d'un
médecin
engagé (Michel Aumont) qui rencontre une jeune moldave et
dépasse le cadre
rassurant pour ses grands enfants (Fabrice Luchini et Karin Viard) de
ses
activités humanitaires. C'est drôle,
plutôt émouvant et, au dire des
spectateurs exigeants, réussi. Anne le Ny s'installe dans la
case comédie de
qualité, évitant vulgarité et
franchouillardise. C'est une bonne nouvelle !
Un sacré mois de mai donc dans notre chère salle !
Guy Pezet
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| LA LETTRE DE JUIN 2010 | | |
Retour
à Cannes
Il y avait quelques noms vraiment intéressants dans la
sélection officielle et
on les retrouve tous dans le palmarès.
Et tout d'abord, le cinéma français à
travers deux figures qui comptent depuis
maintenant une dizaines d'années : Mathieu Amalric et Xavier
Beauvois. Amalric
est un des meilleurs acteurs internationaux, chez Desplechin bien
sûr (oh! le
beau "Conte de Noël" ou "Rois
et Reines")
mais aussi chez Julian Schnabel pour "Le scaphandre
et le papillon"
par exemple. Que son film, une comédie qui plus est, ait
obtenu le prix de la
mise en scène, cela ne peut que nous réjouir. "Tournée"
sera cet été sur nos écrans.
Beauvois depuis 15 ans a imposé sa
sobriété grave, son souci du plan juste,
dès
son 1er film "Nord", mais aussi il y a 5 ans dans le très
bon "Petit
lieutenant" avec Nathalie Baye. "Des
dieux et des
hommes", grand prix du festival a
été unanimement salué par la
critique et nous espérons pouvoir le faire
découvrir en ouverture du festival.
Juliette Binoche, dans un film
d'Abbas Kiarostami, tourné en Toscane, a
également été couronnée
à Cannes. Comédienne talentueuse, capable comme
Hupert
et Deneuve, de tourner avec les plus grands
(Téchiné, Godard, Louis Malle,
Mickael Haneke...), de faire part de ses envies de cinéma,
elle est l'âme de
"Copie conforme" que nous
découvrirons ce mois-ci et
sur lequel je ne reviendrai pas, tant mon attente est
déjà exacerbée par
les quelques images découvertes sur le petit
écran.
La Palme est revenue au thaïlandais Apichatpong Weerasethakul,
le jeune
cinéaste remarqué au tournant des
années 2000 pour "Blisfully hours"
et "Tropical Malady", un des
meilleurs films de la
décennie, primé à Cannes et
montré à Rieupeyroux. Cet artiste dont les
installations vidéo sont souvent montrées
à Beaubourg, propose un cinéma
d'auteur envoûtant, aux plans parfois magiques, à
la construction déroutante.
J'ai hâte de découvrir "Uncle
Boonme" et c'est un
plaisir que nous ne nous refuserons pas.
Autre cinéaste
déjà remarqué dans les festivals et
primé pour le scénario, le
sud coréen Lee Chang-dong pour "Poetry". J'avais beaucoup
aimé "Secret
sunshine" et son héroïne
à la folie courageuse. Une découverte
à
faire à Rieupeyroux, cet automne.
De même, le prix du jury du cinéaste tchadien
Mahomat Salh Haroun pour "L'homme
qui crie", récompense un
cinéaste dont nous avons aimé "Darat
saison sèche", il y a quelques années. Ce retour
du cinéaste africain
pourrait aussi se faire durant le festival. J'en dirai plus
début juillet, mais
sachez que nous avons pensé à vous, amis des
rencontres, fidèles comme nous à
ces jeunes talents qui vont écrire le cinéma du
XXIème siècle.
Bravo donc au jury, à son président Tim Burton,
et sans doute aussi à un grand
cinéaste comme l'espagnol Victor Erice, membre de ce jury
courageux.
PROGRAMMATION
JUIN
Pour
juin donc, outre "Copie conforme"
de Kiarostami il y a encore bien des films à
découvrir.
Pour ce qui est des comédies françaises, le
programme est riche. Les médias ont
beaucoup parlé de "Camping 2"
et d'"Adèle
Blanc Sec" avec la belle Louise Bourgoin qui a
occupé bien des
écrans, "L'amour c'est mieux à
deux" de Dominique
Farrugia, "Tout ce qui brille" de
Géraldine Nakache et
Hervé Minran, comédie ayant
bénéficié d'un bon accueil critique,
puis d'un
excellent bouche à oreille. C'est souvent drôle,
touchant comme les rêves des
deux héroïnes, à l'étroit
dans leur banlieue natale.
Une comédie dramatique bien reçue "Huit
fois debout"
interroge notre société et la crise de l'emploi
à travers les recherches obstinées
d'Elsa et de Mathieu soucieux de s'en sortir. Julie Gayet, Denis
Podalydés sont
épatants paraît-il. Une première oeuvre
de Xabi Molia.
Pour
en finir en beauté avec la
comédie, n'oubliez pas la séance exceptionnelle
lundi 28 à 21h, autour de "Chantons
sous la pluie" de Stanley Donen avec l'immense Gene
Kelly. Un
classique de la comédie musicale et du 7° Art, un
film inventif, hommage au
cinéma et aux acteurs. Pour moi qui ai revu le DVD, il y a
peu, un véritable
enchantement.
Mais le programme de juin,
placé sous le signe de la comédie, contient aussi
quelques pépites à ne pas manquer. C'est le cas
du fameux documentaire "Le
temps des grâces" de Dominique Marchais.
C'est sur le monde
agricole français, l'espace rural et ses mutations que ce
documentaire enquête,
qu'il interroge. La projection sera suivie d'un débat
animé par Yves Garric,
journaliste aveyronnais, qui présentera aussi son ouvrage
"Ces paysans qui
ont dit non". Tout cela, suivi de traditionnelles tartines dans le hall
du
cinéma ! L'agriculture est au coeur de la
réflexion politique actuelle et la
crise que traversent certaines productions invite à la
réflexion. Celle-ci est
argumentée, brillante, et sa qualité unanimement
reconnue. Faites-le savoir,
afin que nous revivions une de ces grandes soirées de
discussions conviviales
et éclairantes.
Cette programmation entre, comme celle du film d'animation
tchèque "Le
criquet", dans le cadre de l'opération
« Juin aux jardins",
à laquelle nous participons chaque année.
Enfin pour terminer ce mois en
beauté, deux films très
différents mais bons, semble-t-il.
- La superproduction de Ridley Scott, "Robin des Bois"
avec e grand Russel Crowe. Le film, et en particulier les choix
scénaristiques,
sont originaux et courageux. C'est au jeune archer Robin Longstride que
le film
fait la part belle ainsi qu'à son amie Milady/Cate Blanchet.
Du grand spectacle
bien sûr, mais aussi des scènes
émouvantes, plus intimistes, de l'action mais
aussi des sentiments. A voir donc !
- Enfin "Teza" drame ayant pour
cadre l'Ethiopie dans
années 70 puis 90, celle du sanglant colonel Mengistu
à travers le regard
transformé d'un médecin ayant
étudié en Allemagne de l'Est. Ce film dont les
critiques ont tous souligné l'ambition et la rigueur, nous
donnera des images
de l'est du continent africain, région rarement
montrée, toujours en proie à la
misère et aux tensions politiques. Une découverte
chaudement recommandée par
Elisabeth K. qui l'a déjà vu et aimé.
Guy Pezet
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