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| Newsletter décembre 2007 | | | Le grand embouteillage de fin d’année
Depuis quelques années, c’est à l’automne que sortent les grands films d’auteurs, découverts pour la plupart à Cannes au printemps, ou dans les festivals de l’été et à la Mostra de Venise.
C’est ainsi que depuis septembre se sont succédées des œuvres remarquées, attendues, comme la Palme d’Or de Mungiu, mais aussi les derniers Rohmer, Sokourov, Gus Van Sant, Woody Allen, Fatih Akin, Francis Ford Coppola, Naomi Kawase, Cronenberg, James Gray, Ridley Scott, Wong Kar-Waï, en attendant le dernier Todd Haynes sur Dylan, « La graine et le mulet » de Kechiche, le dernier Ken Loach et le De Palma…
C’est beaucoup, c’est trop ! Encore, faudrait-il prendre en compte des auteurs moins connus mais tout aussi impressionnants, comme Nicolas Klotz et sa « Question humaine » qui nous a profondément interrogés et dérangés, le coréen Lee Chang Dong et son bouleversant « Secret sunshine » ou les films de jeunes cinéastes français, comme Hia Hausen Love, Cécile Sciamma et sa maîtrisée « Naissance des pieuvres », ou Anna le Ny et l’émouvant « Ceux qui restent »…
Bien sûr, j’aurais aimé voir tous ces films à Rieupeyroux comme la plupart des membres de la commission programmation, mais il n’y a que 4 à 5 semaines par mois. Il y a aussi les impératifs de distribution de certains de ces films plus rares, la nécessité d’équilibrer la programmation sans négliger de varier les genres, de faire découvrir de nouveaux talents, de s’adresser à tous les publics.
Ainsi, le programme de décembre que nous vous proposons me semble équilibré, attractif, respectueux de tous nos principes et reflétant aussi nos envies de cinéma.
Des œuvres attendues le mercredi à 21h et le dimanche à 17h
Tout d’abord, le dernier Gus Van Sant « Paranoïd Park » qui s’intéresse encore et toujours à l’adolescence, ses troubles, la puissance de ses désirs, la fragilité de ses émotions. Chez Gus Van Sant, peu ou pas de sentimentalisme, de psychologie, mais un vrai travail artistique de mise en scène (voir « Elephant » en 2004, et même « Last days »). Ici, ce cinéma qui peut paraître « en apesanteur » suit un ado de 16 ans, Alex, fana de skate, essayant de saisir le mouvement, de s’y glisser,de s’y installer afin d’être dans sa bulle, d’habiter le Paranoïd Park. Van Sant accompagne cette recherche et use d’accélérés, de ralentis, de constructions en flashback pour traverser des paysages sonores envoûtants. Il est magnifiquement servi par la photo de Chris Doyle, le chef opérateur attitré de Wong Kar-Waï, et chaque photogramme, chaque plan sont composés comme une œuvre d’art.
Cinéaste moderne, sorte de « plasticien », l’univers de Van Sant est immédiatement reconnaissable. C’est celui d’un artiste. On pourrait dire bien sûr la même chose du cinéma de David Lynch, qui a exposé à la Fondation Cartier, et bien sûr de celui de David Cronenberg.
C’est d’ailleurs le dernier film de Cronenberg « Les Promesses de l’ombre » que nous découvrirons ensuite. Celui-ci nous a littéralement assommés, il y a deux ans avec un film devenu culte « A history of violence ». J’étais sorti de la salle dérouté, questionné par l’ambiguïté fascinante du héros, admirablement incarné par Vigo Mortensen.
Nous le retrouverons ici, à nouveau double si je puis dire, à la fois mafieux et flic, à la fois capable de douceur et de violence, puis dans ce moment tragique où ses deux identités doivent cohabiter dans ce même corps. Ces âmes tiraillées, ces personnages dostoïevskiens, sont bien sûr fascinants, leur peau tirée comme un masque, une toile où s’inscrit leur histoire (voir déjà le visage de Christopher Walken dans « Dead zone » ou celui de Jeremy Irons dans « Faux semblants », et bien sûr déjà celui de Vigo Mortensen dans « History of violence »).
Que l’on retrouve enfin, l’énigmatique Naomi Watts de « Mulholland drive », voilà qui ne peut que nous réjouir.
Cronenberg est un artiste soucieux du cadre, de l’éclairage de ses plans, « une sorte de peintre de l’ère numérique », et sans doute aussi un moraliste. Grand rendez-vous, donc à ne pas manquer.
Toujours le mercredi soir, « Darling » de Christine Carrière, cinéaste amie des Rencontres où nous avions projeté « Qui plume la lune », film qui avait été très bien reçu. « Darling » dresse le portrait d’une femme se heurtant à toutes les aspérités de la vie, s’y confrontant en gardant une rage de vivre, une volonté positive surprenante. Marina Foïs a été invitée sur bien des plateaux TV, tout son personnage a surpris, a touché les premiers spectateurs du film. Son énergie d’actrice, sa drôlerie, semblaient aller de pair avec celles de son héroïne prise dans des circonstances dramatiques. Retrouver le cinéma original de Christine Carrière, une de ces cinéastes prometteuses que j’évoquais au début, c’est pour nous la certitude d’être en accord avec les valeurs que nous avons toujours défendues.
Nous découvrirons aussi fin décembre, un des films les mieux reçus du moment, dont tous les médias ont parlé « De l’autre côté », ce cinéma généreux, cette réflexion sur des personnages en quête d’identité culturelle et essayant de faire dialoguer deux cultures, malgré les obstacles politiques et sociaux. D’Hambourg à la Turquie les destins se tissent, les personnages échangent, se croisent au fil d’un scénario brillant et efficace. Avec Fatih Akim, nous sommes au cœur de ce jeune cinéma allemand, dont les œuvres sont de plus en plus reconnues, non seulement par les festivals, mais aussi par les spectateurs français (voir « Good bye Lenin », « Ping Pong », « La vie des autres »…
Ces grands films d’auteur seront accompagnés le week-end par deux comédies françaises, « Le cœur des hommes 2 » et « L’heure zéro » de Pascal Thomas. N’ayant que peu de goût pour les séries, les « sequels », je n’attends rien du film de Marc Esposito, si ce n’est des retrouvailles avec les mêmes personnages, plus ou moins attachants, selon leur humeur et leur typologie.
Du cinéma de Pascal Thomas, on est sûr qu’il réserve plus de surprises, de rebondissements, de plaisir à raconter, à ciseler les dialogues. Dans « L’heure zéro », il fait cohabiter plusieurs générations d’acteurs, depuis Danielle Darrieux jusqu’à Melvil Poupaud, sans oublier François Morel. Une comédie à découvrir !
Il y aura aussi pour les plus jeunes au moment des fêtes, deux films d’animation « Bienvenue chez les Robinson » et « Les rois de la glisse », deux films venus des Etats-Unis, visibles par tous, dès l’âge de 6 ans. « Les rois de la glisse » a déjà réuni plus 1,5 millions de spectateurs en 4 semaines, ce qui en fait un des succès de l’automne.
En attendant janvier où nous retrouverons quelques uns des films évoqués au début, comme « La graine et le mulet » d’Abdellatif Kechiche, et quelques unes des grosses sorties de décembre, nous vous souhaitons de bonnes fêtes de Noël et de Nouvel An.
G.P
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| newsletter octobre 2007 | | |
Un bilan moral du festival…
Toujours
un grand moment de convivialité, sous un beau soleil de fin
d’été. L’espace du
chapiteau, l’espace autour du bureau d’accueil, des
tables, est un lieu choisi
de rencontres, de retrouvailles, de débats dans lequel les
intervenants invités
ont pris toute leur place. Davantage, il me semble que les
années précédentes.
C’est une volonté qu’il faudra encore
développer et qui reste une des valeurs
de base de l’association des
Rencontres…à la Campagne.
Des grands moments de cinéma…
-
Bien sûr, le 1er grand choc pour beaucoup des
cinéphiles présents,
fut le film de Cristian Mungiu « 4
mois, 3 semaines, 2 jours ». Sur un sujet difficile,
Mungiu nous livre
une oeuvre aboutie, une succession assez lente de plans souvent fixes,
installant une tension angoissante, tant sont précaires les
situations des deux
héroïnes, et sans doute celle de toute cette
société communiste fermée. Bien
sûr, le réalisme cru du film suppose des actrices
capables de porter un tel
projet, et là encore Mungiu se révèle
un précieux directeur d’acteurs.
-
La journée du vendredi proposa aussi des films bien
reçus par le public, que je
n’ai pas tous vus. Le film de Jacques Mitsch et
Jean-Christian Tassy m’avait
enthousiasmé l’année
dernière et cette lutte de Fumel, si exemplaire nous avait
tous touchés. Le film de Marc Khanne sur le Mont Aigoual
« Aigoual, la forêt
retrouvée » a reçu un accueil
si
favorable, que nous le reprendrons dans notre programmation hivernale.
Je mets
les « Lip, l’imagination au
pouvoir » en exergue, car ce documentaire
m’a paru exemplaire. Bâti
sur les témoignages des principaux acteurs syndicaux,
politiques, industriels
de cette grande lutte du milieu des années 70, le film de
Rouaud est précis,
documenté et extraordinairement proche de ces femmes et
hommes, qui n’ont rien
perdu de leur rayonnement. Il y a une dignité des luttes
ouvrières que ce
documentaire restitue pleinement : elle est faite
d’humanité, d’espoir, de
liberté, de solidarité, valeurs qui en valent
bien d’autres, dont nous
entendons vraiment trop parler. Je n’ai pas pu voir les films
de Sophie Bruneau
et Marc Antoine Roudil, mais on m’a beaucoup parlé
de « Mon diplôme, c’est mon
corps » et de son héroïne.
« Whisky » de Stoll et Renella,
nous venait d’Uruguay, et ce fut une belle
découverte. Les personnages
attachants, à la fois simples, pudiques et soucieux de leur
image sociale, sont
dirigés avec beaucoup de finesse, de sensibilité.
Au final, ils nous émeuvent.
-
Le samedi me semble marqué par la réussite de la
conférence à propos des seconds rôles
dans le cinéma français.
Animée avec passion par Serge Regourd, elle a
attiré une centaine de personne
intéressées, autour de 3
acteurs sympathiques disponibles et soucieux de
partager avec le public. Merci donc au grand Yves Afonso, dont
j’ai revu ave
plaisir la performance dans « Maine
Ocean », à Jacques Serres, ou le
bouillant Philippe Ambrosini, un
monsieur 100 000 volts, d’origine corse, ne
l’oublions pas. Le choix
judicieux des films pour illustrer le propos de la
conférence a donné à cette
journée une cohérence remarquable.
-
Du dimanche de clôture, outre la qualité du manga
« Paprika » et de la
fraîcheur vivifiante des deux jeunes
présentatrices, je retiens mon émerveillement,
toujours renouvelé, devant
l’œuvre de Rouquier. Cette fois, devant des
documentaires, beaux, poétiques
(voir « Le sel de la terre »,
œuvre de commande pourtant !), donnant toujours
à l’artisan, au travail,
sa juste place dans la nature et dans la vie de tout un chacun. Ses
leçons de
cinéma sont aussi des leçons de morale
cinématographique, loin de toute
intrusion « peopolisante » dans
l’intimité de personnes dont
l’artisan Rouquier respecte la personnalité et le
savoir-faire artisanal. Ces
qualités se retrouvaient dans « Lourdes
et ses miracles », documentaire rarement
montré, dans nos campagnes
catholiques et qui, tout en nous surprenant parfois, nous donnait un
aperçu
intéressant sur la démarche de Rouquier
(présent à l’écran), sa
volonté
d’enregistrer la réalité de
témoignages, et d’images, interrogeant les
phénomènes de guérisons miraculeuses,
filmés à Lourdes. Une œuvre intrigante,
mais forte pour clore ce bon crû 2007 !
Programmation octobre 2007
Toujours
éclectique, même si les comédies
dominent, cette programmation propose des
œuvres de tous les pays, où se
développe un cinéma digne
d’intérêt. Nous avons
en France, la chance de pouvoir découvrir des films non
formatés, venues
d’horizons très différents, saisissons
là !
Un
certain état du cinéma français entre
premiers films ou
œuvres confirmant le talent de jeunes cinéastes… Pour
juger du dynamisme du cinéma français, de sa
capacité à inventer de nouvelles formes de
comédie ou de drames (genres prisés
par la télévision qui souvent, produit), nous
proposons ce mois-ci 4 films
français dont vous avez sans doute entendu parler :
- «
Ceux qui restent »
d’Anne Le Ny, avec Vincent Lindon et Emmanuelle Devos,
premier film bien reçu
par la critique et le public, s’intéresse
à ceux qui accompagnent des conjoints
atteints par une longue maladie. Ils se rencontrent dons à
l’hôpital
échangeant, riant, tentant d’échapper
à leur culpabilité de bien portants.
Cette rencontre émouvante est filmée avec
délicatesse et parfois drôlerie par
une cinéaste prometteuse ; Anne Le Ny.
- Avec « 3
amis », de
Michel Boujenah, ici cinéaste, c’est
l’amitié qui est mise en question, avec
Mathilde Seigner, Kad Merad et bien d’autres
acteurs ; l’humour est assuré
et le charme de Toulouse où a été
tourné le film, assure à cette comédie
familiale
une tonalité chaleureuse, bien de chez nous
- « Le
fils de l’épicier »
d’Eric Guirado, me semble encore plus intéressant.
Guirado a présenté en 2003 à
Rieupeyroux son premier film, intéressant, touchant, autour
de personnages
simples, en butte aux galères mais capables de partage, de
solidarité. « Quand tu descendra du
ciel »
avait été bien reçu par les
festivaliers. L’accueil du public et de la critique
a été bon pour ce nouveau film
« Le fils de
l’épicier », qui
s’intéresse en milieu rural, à des
personnages à la recherche d’un
équilibre
économique sentimental. En reprenant le travail de son
père, épicier ambulant,
Antoine s’en sortira-t-il ? Guirado a le sens des
dialogues justes et ses
jeunes comédiens sont doués. Clotilde Hesme
était d’ailleurs excellente dans
les très belles « Chansons
d’amours » de Christophe Honoré.
- « La
vérité ou presque »,
de Sam Karmann, met en scène Karin Viard, Cluzet et
Dussolier dans une comédie dramatique,
douce-amère sur la confrontation du
désir, de la vérité et donc du
mensonge. Le premier film de Karmann, « Kennedy et
moi » était
prometteur. Il mettait en scène Jean Pierre Bacri et Nicole
Garcia, dans un
film à l’honneur décapant,
où il joue toujours le même rôle.
C’est avec plaisir
que je découvrirai ce nouveau film de Karmann, qui a le sens
du dialogue
brillant, mais aussi cruel.
Deux incontournables venus des
USA…
- « Sicko »
est le
dernier opus de Mickael Moore, et le cinéaste provocateur
s’intéresse ici au
système de santé américain, injuste,
lourd, en panne. Cette question du système
de santé, nous nous la posons aussi et ce documentaire tombe
à pic pour
éclairer notre réflexion. Depuis
« Columbine »,
Moore est devenu un cinéaste populaire et nous vous
attendons aussi nombreux
que pour Fahrenheit
9/11 même si on l’a moins
vu sur nos écrans nos plateaux TV. ;
étant donné sans doute notre
actualité politique.
- En fin de mois, nous
proposons le film de Paul
Greengrass ;
« La vengeance dans la peau », 3ème
volet des aventures de Jason Bourne/Matt Damon, agent
amnésique, toujours
traqué, toujours poursuivi (voir « La
mémoire dans la peau », montré
récemment sur TF1). Ce thriller est
réalisé avec virtuosité, comme tout
bon film américain qui se respecte. Matt
Damon court aussi élégamment que Tom Cruise, cela
lui suffira-t-il pour
échapper à la mort ?
- Une comédie
musicale, tout public « Hairspray »
avec Travolta, Michelle Pfeiffer et Christopher
Walken. Travolta joue la grosse
Tracy qui se rêve en star TV, réussit
puis s’attire des ennuis…Un bon divertissement
donc, avec un humour simple mais
efficace. Vous divertir, vous faire rire, voilà le vrai
programme du film du
jeune Adam Shankman.
Trois
cinéastes méditerranéens à
découvrir…
- Avec « Les
méduses »
d’Etgar Keret et Shira Geffen,
c’est le jeune cinéma israélien que
l’on
découvrira. Caméra d’or à
Cannes, cette année, ce film propose de suivre
plusieurs personnages ayant en commun de vivre à Tel Aviv
(comme dans
l’excellent « The
Bubble » vu en juillet à Rieupeyroux),
d’y chercher
leur place, de se confronter à leur propre destin. Ce film,
plein de charme,
hésite entre rires et larmes, il faut le
découvrir au plus vite.
- Du Liban, autre pays en
guerre, « Caramel »
réalisé par Nadine Labaki. Cette
comédie mettant en scène 5 femmes se croisant
dans un institut de beauté, bénéficie
depuis août d’un très bon bouche
oreille.
Portrait sensible et drôle de femmes aux conversations
libres, le film est
aussi un aperçu de la société
libanaise, plus libre et moins uniforme que nous
pourrions le croire. Un oeuvre à découvrir
donc !
- Enfin
de Daniele Luchetti,
« Mon
frère est fils
unique »,
comédie politique autour de la confrontation de 2
frères forts différents. Luchetti n’est
plus un espoir du jeune cinéma
italien ; il a déjà
réalisé deux ou trois films
intéressants, comme le
pertinent « porteur de serviettes »
dans les années 90. Ici, sa comédie quoique assez
féroce, fait souvent sourire.
Ses personnages en quête d’identité sont
touchants, sympathiques et les acteurs
bien dirigés donnent le meilleur
d’eux-mêmes. C’est avec plaisir que
chaque
année nous retrouvons quelques films italiens (Moretti,
Bellochio bien sûr,
mais aussi de jeunes cinéastes comme Kim Rossi Stuart et son
très beau « Libero »
en décembre). Que
le cinéma italien soit encore vivant après plus
de 10/15 ans de Berlusconisme TV et
politique, c’est un miracle que nous devons
soutenir !! Venez donc
nombreux.
Pour
le mois de Novembre…On peut
dès à présent annoncer pour le 7 novembre « La
question
humaine » de Nicolas Klotz
avec Mathieu Amalric, film terrible sur le travail, provoquant
réflexion, débats, dont les médias les
meilleurs se sont faits largement
l’écho. C’est un acte de
résistance, un acte militant que de soutenir de telles
oeuvres.
Annonçons
aussi le vendredi 9
novembre, la projection de « Loin
d’elle »,
film sur la maladie d’Alzheimer, qui sera suivi
d’un débat avec un
professionnel de la santé. Cette projection
retardée est très attendue, le
sujet étant aussi d’actualité.
A
bientôt pour une nouvelle newsletter ! qui reparlera
de ces grandes
dates.
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| newsletter septembre 2007 | | |
Septembre,
pour l’équipe des Rencontres, c’est le
mois d’une drôle de rentrée
cinématographique, puisque c’est celui du festival...
Cette année, nous fêtons le
10ème anniversaire des Rencontres…à la
Campagne et c’est aussi l’occasion
pour tous de mesurer le chemin parcouru depuis 1997 : succès
des premiers festivals, volonté communale puis
intercommunale de s’équiper d’une salle,
volonté réaffirmée de tous les acteurs
du dossier, de défendre une certaine idée du
cinéma qui prenne en compte tous les publics, toutes les
cinématographies, développement
d’actions de réflexion autour du
cinéma, à travers stages, animations, rencontres,
création avec l’inspection académique
du dispositif «Ecole et Cinéma »,
lancement du réseau de diffusion du cinéma
produit en région.
Au
moment d’ouvrir ces 10èmes Rencontres, la
même volonté anime toute
l’équipe et notre cohérence avec nos
objectifs initiaux, nos valeurs chères, est toujours
évidente. Ainsi, outre les rendez-vous
habituels des festivaliers (Nuit du
Court du Samedi, avec quelques petits bijoux et une
œuvre à découvrir, celle de Norman Mac
Laren, après-midi des
productions en région, après-midi
dominicale pour les plus jeunes autour des
films d’animation : «
Paprika » de Satoshi Kon et «
U » de Serge Elissalde), la programmation et
les rencontres proposées s’annoncent
passionnantes.
Le
festival débutera jeudi, avec la palme
d’or du dernier festival de Cannes « 4 mois, 3
semaines, 2 jours » de Cristian Mungiu,
cinéaste roumain prometteur rencontré
à Rieupeyroux en 2003. Son film autour de
l’avortement sous le régime de Ceaucescu a
marqué le jury et le public cannois, tant la tension
instaurée est forte, tant la volonté
d’un réalisme cru est affichée. Le
regard de Mungiu sur la société roumaine est sans
concession et on peut le rapprocher de celui de Porumboiu dont nous
découvrirons en 2nde partie de soirée «
12h08 à l’est de Bucarest »,
caméra d’or 2006 à Cannes.
Après le réjouissant « La mort de Dante
Lazarescu » de Cristi Puiu, vu ici en 2006, on peut parler
d’un renouveau du cinéma roumain.
Le
vendredi sera l’occasion d’apprécier de
nombreux documentaires et une fiction, tournant autour du thème
des résistances dans le monde du travail,
à travers des luttes menées ici ou ailleurs (ex :
«
Les lip, l’imagination au pouvoir » de
Christian Rouaud).
Ce
sera aussi l’occasion de rencontrer ces cinéastes
soucieux de rendre compte des luttes menées, de
réfléchir aussi sur leur propre travail de
documentariste dans le contexte du cinéma actuel. Marc
Khanne, Marc Antoine Roudil et Sophie Bruneau sont des
fidèles des Rencontres, et échanger avec eux sur
leur travail sera une occasion privilégiée
d’enrichir notre réflexion sur le travail, leur
travail et le nôtre en tant qu’acteur culturel
engagé.
Sous
le foirail, une soirée « coup de cœur
» permettra de découvrir 2 films vus par des
membres des Rencontres, dans les festivals :
-
«Khorma
» film tunisien de Jilani Saadi, en 2003 autour
du portrait de 2 personnages attachants, Khorma, jeune orphelin vivant
avec le vieux colporteur de nouvelles, Bou Khaled.
-
«
Whisky »
film uruguayen de Pablo Stoll et Juan Pablo Renella,
salué dans bien des festivals en 2005/2006.
Le
samedi sera consacré aux seconds
rôles dans le cinéma français.
Cette journée sera animée par
l’universitaire Serge
Regourd, en présence des acteurs Jacques
Serre, Yves Afonso, Philippe Ambrosini, à
honneur dans les films choisis pour illustrer cette
thématique. Avec Serge Regourd, dont le
livre « Eloge des seconds rôles
» explore cette thématique, nous rendrons hommage
à un certain cinéma français,
à ses artisans, et nous pourrons nous interroger sur
l’évolution économique du
système de production actuel du cinéma
français.
«
Maine Ocean » de Jacques Rozier avec Yves
Afonso, Luis Rego et Bernard Menez, est une véritable
pépite, un film donnant du plaisir par son humour, un film
profondément humain avec de vrais personnages, dans une mise
en scène libre et souveraine, hors de tout formatage.
C’est mon coup de cœur pour ce samedi ! Et
j’ai hâte de découvrir «
Quand la mer monte » de Yolande Moreau et Gilles
Porte, que je n’avais pas vu en 2005.
La
soirée de clôture associera des
documents de valeur exceptionnelle que l’on peut inscrire
dans une perspective patrimoniale, même si les verves de Georges
Rouquier dépassent cadre parfois
étroit, tant leur portée est universelle et leur
modernité évidente (exemple : plans à
couper le souffle du «
Sel de la terre », capacité unique
à immortaliser des gestes, des savoir-faire et à
nous les transmettre). Les
documents restaurés de la Cinémathèque
de Toulouse que nous découvrirons en
début de soirée, en présence de Christophe
Gauthier, le conservateur de la Cinémathèque,
datent des années 1930, et leur projection sera
accompagnée au piano par Raphael
Howson. Une découverte en musique de notre
région et parfois de notre département
(Roquefort, les Gorges du Tarn).
Un
programme varié donc, ouvert à tous les formats,
à tous les genres cinématographiques et bien
sûr à tous les publics. C’est un
crédo dont nous n’avons pas varié !
La
programmation de la salle de cinéma de Rieupeyroux
commentée très
prochainement…..à suivre….
G.P.
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| newsletter août 2007 | | |
Disparition de 2
monstres sacrés du cinéma…
Venant
après celle de Jean Pierre Cassel, de Jean-Claude Brialy, de
Philippe Noiret,
la mort de Michel
Serrault nous attriste et nous touche tous.
Si Brialy et
Cassel restent plutôt dans nos mémoires des
acteurs de la nouvelle vague,
Noiret et Serrault sont devenus après la quarantaine
d’immenses acteurs
populaires, parmi les plus importants et les plus
récompensés de 1975 à 2000. Venu
du théâtre, du cabaret, Michel Serrault
s’est d’abord fait connaître par son
talent
comique avec son partenaire Poiret. « La Cage aux
folles » marque
l’apogée de sa carrière comique tant au
théâtre, qu’au cinéma. Son
talent
dramatique s’est affirmé plutôt dans
années 80, lors de ses rencontres avec
Claude Chabrol (« Le fantôme du
chapelier »), Claude Sautet
(« Nelly et M. Arnaud »), Claude
Miller (« Garde à
vue »).
Ces grands réalisateurs vont révéler
les facettes inquiétantes de ses
compositions, sa capacité à incarner des
personnages complexes, souvent pleins
d’humanité. Tout ceci sans rien perdre de son
talent comique : « Le
bonheur est dans le près » de Chatillez,
par exemple.
Seul
des les années 60,70, Jean Pierre Mocky avait
deviné et exploité le potentiel
du comédien (voir « L’ibis
rouge » ou « A mort
l’arbitre »). Il
continuera à travailler avec lui utilisant la truculence
libérée de l’acteur
(voir « Le Miraculé »,
« Ville à vendre »).
Ne peut-on pas
imaginer une soirée hommage à Jean Pierre Mocky
et Michel Serrault au cinéma de
Rieupeyroux ? Rappelons aussi que pour des raisons
très différentes,
Cassel, Brialy, Noiret et Serrault ont souvent
interprété de grands seconds
rôles dans des films dont ils assuraient le standing. Cette
importance des
seconds rôles dans l’esthétique du
cinéma français, sera au cœur du samedi
du
10ème festival des Rencontres…à La
Campagne en septembre, autour de
Serge Regourd, universitaire toulousain spécialiste de cette
question.
La
disparition d’Ingmar
Bergman va toucher, elle, les cinéphiles du
monde entier.
Le cinéaste suédois est un des plus grands
auteurs de l’histoire du 7ème
art, au même titre que Renoir, Wees, Hitchcock, Ford,
Eisenstein, Bunuel, Lang,
Visconti, Fellini, Rossellini, Mizoguchi, Kurosawa...Sa
science du plan, l’acuité de ses dialogues, sa
direction d’acteurs et surtout
d’actrices fétiches comme Liv Ullumann, Bibi
Anderson ou Ingrid Thulin ont
souvent ébloui et lui ont valu une reconnaissance
internationale. Son
œuvre, certes difficile parfois,
s’intéresse avant tout aux grands
problèmes
existentiels de notre existence. Bergman a interrogé le
couple, la famille, la
mort, le sens de la vie, la recherche
désespérée parfois d’une
harmonie, d’un
bonheur : autant de grands thèmes universels sur
lesquels son œuvre nous
éclaire, tant il était capable de mettre au jour
ce qui est enfoui, tût, caché.
Cinéma, des affects et non des effets, cinéma de
la durée du plan et non du
montage « clippé »,
cinéma des dialogues ciselés et non des
dialogues/café du commerce, le cinéma
d’Ingmar Bergman aura toujours cette
modernité exigeante des grands classiques inoubliables,
modernité chère à
Baudelaire critique d’art, qui parlait de
« phares », pour
évoquer
les grands maîtres de la peinture. Depuis son île
suédoise, Bergman aura été un
de ces phares pour le cinéma de son temps, reconnu de ses
pairs, adulé par des
cinéastes aussi différents, que le russe
Tarkowski ou l’américain Woody Allen,
sans parler des Rossellini, Antonioni, Rhomer, Truffaut ou Lars Von
Trier.
Revoir ses œuvres majeures comme « Les fraises
sauvages », « Cris et
chuchotement », « Fanny et
Alexandre », « Sonate
d’automne » etc.…est une
urgence, une nécessité pour tout
cinéphile qui se
respecte. Ce sont de véritables pépites, capables
d’éclairer l’obscurité
contemporaine.
Je
signale aussi la mort, en cet été meurtrier pour
le cinéma, d’Ulrich Mühe,
l’acteur allemand bouleversant de « La vie
des autres », un des
grands films de cette année. Ses compostions dans
« Amen » de Costa
Gavras, « Funny Games » de Haneke
étaient aussi remarquables. L’intensité
de
son regard restera dans notre mémoire.
Ces
disparitions laissent de grands vides et il nous faut plus que jamais
montrer,
défendre des œuvres libres, exigeantes, des futurs
grands maîtres de cet art unique,
que doit rester le cinéma. Des œuvres
montrées cette année à Rieupeyroux
nous
rendent optimistes ; elles sont portées par de
jeunes cinéastes dans les
grands festivals et sans battage commercial arrivent à se
faire une
place : je pense à « Lady
Chatterley » de Pascale Ferran, à
« Pingpong » de Matthias
Luthardt, à « Still
Life » de Jia Zhang Ke, à
« Syndromes
and a century » de Weerasethakul. Que ce jeune,
moderne cinéma ne trouve
pas toujours son public à Rieupeyroux ou ailleurs ne doit
pas nous décourager.
Ce sont les œuvres d’artistes résistants
au rouleau compresseur du cinéma
commercial made in USA. A nous de les soutenir, en leur donnant une
visibilité
salvatrice.
Le
10ème festival Rencontres…à la
Campagne débutera d’ailleurs avec le
film de Cristian Mungiu « 4 mois, 3 semaines et 2
jours », qui s’inscrit
dans cette lignée des auteurs modernes, et qui a obtenu la
Palme d’Or à Cannes,
au mois de mai.
PS :
31 juillet 2007 – Mort de Michelangelo Antonioni, un des
grands auteurs
italiens des années 60, celui dont la modernité
déroutait, mais dont le talent
de metteur en scène éblouissait (voir
« Blow up », palme d’or
culte
de Cannes en 1967.
Pour
rire quand même un peu, un bon calembour du duo Poiret
– Serrault, sous forme
de devinette : Pourquoi
les
ecclésiastiques n’ont pas besoin de
voiture ? Parce que les habits
sacerdotaux.
……Un
beau mois d’août
pour tous
Au
cœur de ces vacances 2007 plutôt tristounettes du
point de vue météorologique,
le cinéma de Rieupeyroux offre à tous les publics
l’occasion de se distraire,
de découvrir, de réfléchir selon ses
aspirations du moment.Pour
les amoureux de grosses productions, de films d’aventures,
d’action policière,
deux retours plus ou moins attendus, avec
«
Ocean’s
13 » de Soderbergh que
l’on
espère supérieur au
précédent, avec une
brochette d’acteurs charmants : Brad Pitt, Matt
Damon, Georges Clooney,
Andy Garcia…et «
Die
Hard 4 »
de Len Wiseman avec Bruce Willis reprenant le
rôle de l’inspecteur Mc Clane. Ce
film a été bien reçu par la critique
et a tout de suite trouvé des spectateurs,
son efficacité est indéniable.
Mais
pour les plus jeunes, le grand retour de ce mois
d’août, c’est celui d’ «
Harry
Potter », pour la 5ème
de ses aventures fantastiques. Avant de lire cet automne le dernier
opus des
aventures du jeune sorcier, ce 5ème film est
l’occasion de se
replonger dans le monde d’Harry, de retrouver Poudlard, sa
communauté,
Voldemort…
Les
enfants, amoureux de films d’animation seront
gâtés avant la rentrée avec la
découverte de «
Ratatouille »,
nouveau dessin animé des studios Pixar,
réalisé avec brio par Brad Bird. Ce
film inventif, très attendu narre les aventures
d’un jeune rat amoureux de
grande cuisine française, et voulant devenir un grand chef.
Encore un film pour
tous à déguster en famille !
Mais
dans le domaine de l’animation,
l’événement du mois est franco iranien,
il
s’agit bien sûr du film « Persepolis
»
de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud,
tiré
de leur célèbre BD. Ce film
découvert et récompensé à
Cannes, nous plonge dans l‘Iran des années 80
où
s’installe le régime de l’ayatollah
Khomeyni et où l’héroïne,
petite fille
libre de 8 ans, interroge la nature de ces changements. Le graphisme
original
de la BD a été conservé et les studios
français montrent une fois de plus, que
l’on peut faire, autre chose, autrement que les grands
studios américains ou
japonais. Un film à découvrir au plus
vite !
Pour juger de la
bonne tenue de la sélection cannoise 2007, nous pourrons
découvrir un des films
les mieux reçus sur la croisette en mai; «
Zodiac »
de David Fincher. Celui-ci, metteur en scène prometteur de
films cultes pour
les ados et les jeunes, comme
« Seven » et
« Fight Club »,
s’est aussi révélé grand
directeur d’acteurs en particulier en tirant le
meilleur de l’assez fade Brad Pitt. Fincher reste ici dans le
monde du
thriller, en évoquant Zodiac, le serial killer le plus
célèbre des années 60,
et surtout la fascination qu’il exerça sur le
monde policier et sur la presse,
à travers son héros, le jeune Robert Graysmith.
C’est aussi la confirmation du
talent de Jake Gyllenhaal, l’un des formidables acteurs du
beau « secret de
Brokeback Mountain ». David Fincher semble de plus
en plus s’imposer comme
l’un des jeunes réalisateurs américains
les plus intéressants.
Autre cinéaste
majeur, découvert en Occident avec « La
saveur de la pastèque » et
« The hole » à la fin
des années 90, Tsai
Ming-liang. Ce malaisien revient au pays natal pour « I
don’t
want to sleep alone ». On retrouve
dans
un contexte social plus marqué, la
sensualité de Tsai, sa capacité à
filmer des corps, la difficulté de l’amour,
ses capacités à limiter les dialogues,
à laisser l’image parler seule. Ce sont
des immigrés pauvres que nous suivons dans Kuala Lumpur,
chinois bangladeshi
vivant en marge de la société malaisienne, et
Tsai
Ming-liang se veut aussi un cinéaste
intéressé par l’économie, la
politique dans une Asie du Sud Est en pleine mutation. De Taiwan en
Malaisie,
de la campagne à la ville, Tsai et sa manière
unique de construire ses œuvres,
nous donnent à voir une autre facette de ce continent
asiatique au cinéma si
prometteur et si novateur.
Mais il ne
saurait y avoir de bonne programmation sans quelques
découvertes, de films
moins attendus mais remarqués dans les festivals et soutenus
par le public. C’est
le cas du «
Bonheur
d’Emma », film allemand,
rural, sympathique,
soutenu très fort par Serge Marty, lors des
réunions de programmation. Emma
aime les cochons qu’elle élève,
aimera-t-elle aussi Max qui débarque par hasard
dans sa ferme ? Ce film a
bénéficié depuis 3 mois d’un
bon « bouche à
oreille » et a trouvé son
public.
Autre film bien reçu, le second film de
l’israélien
Eytan Fox,
après le très beau « Tu
marcheras sur l’eau », « The
Bubble ». Fox
s’intéresse ici au quartier chic et pacifiste de
Tel Aviv,
où vivent dans une sorte de
« bulle » des jeunes
israéliens avides de
rencontres amoureuses. Ici, elle est détonante dans le
contexte politique
actuel, puisqu’elle concerne un israélien et un
palestinien. Eythan Fox, un
maître de la comédie dramatique ? Un
provocateur branché et
doué ? A nous de nous faire une
idée !
N’oublions
pas le documentaire du mois « Gypsy
Caravan », sorte de road movie
musical, où l’on suit 5 groupes tziganes en
tournée aux Etats-Unis, 10 ans
après une tournée rendue fameuse par Wenders dans
celle du « Buena Vista
Social Club » et de ses fabuleux musiciens cubains.
Pour moi, qui ai vu la
plupart de ces groupes tziganes venus d’Europe de
l’est, je peux assurer que
leur musique, leur présence scénique, leur sens
de la fête n’ont rien à envier
à ceux de leurs frères cubains. Pour ceux qui ne
le connaissent pas, venez
découvrir « Le Taraf de
Haidouks » ou la « Fanfare
Ciocarlia », vous ne pourrez être
déçus par leur énergie, leur
maîtrise
musicale. Pour les cinéphiles, rappelons que la
« Fanfare Ciocarlia »
était à l’affiche du très
beau
« Head on » du
cinéaste allemand Fatih Akin, que l’on retrouvera
à
l’automne dans les salles avec « De
l’autre côté », film
lui aussi
récompensé à Cannes.
Le festival se
prépare, nous en reparlerons bientôt ici
même. De belles rencontres
s’annoncent…
Guy
Pezet.
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| newsletter juillet 2007 | | |
Un
certain état du cinéma français et
mondial
Avec 850 copies lors de leur sortie,
Pirates des Caraibes 3 et Shrek 3 squattent une grande partie des
écrans français (plus d’1/3 des salles)
alors même qu’augmente chaque semaine
le nombre moyen de sorties (environ 14 ou 15). Ils mobilisent aussi
durant la 1ère
semaine de leur sortie, près de 70% des spectateurs, en
grand majorité
adolescents. Ce sont donc, à en juger par leur
fréquentation de grosses
productions populaires. Cette tendance se retrouve partout en Europe et
ces
grosses productions, films d’animation ou films
d’aventures plus ou moins
fantastiques, dont les effets spéciaux tiennent lieu,
à tout le moins, de mise
en scène et parfois de scénario, marginalisent
toute production nationale,
indépendante (voir l’état du
cinéma italien ou même du jeune cinéma
allemand,
montré surtout en France).
La rencontre avec Robin Renucci,
vendredi 22 juin au Cinéma de Rieupeyroux,
nous
a permis d’approfondir notre réflexion
sur ce phénomène inquiétant,
« ce formatage de fictions
mondialisées » ou par un très
grand nombre de spectateurs en même temps,
« en mâchant sans doute les
mêmes pop corn ». Cette uniformisation de
la consommation culturelle est fabriquée par les maisons de
production et de
distribution, à coups de spots publicitaires, de passage TV,
de colonnes de
journaux achetés, par un
« marchandising »
précédant dans nos
supermarchés l’arrivée de produits
cinématographiques attendus. Celui-ci n’a
pas besoin d’être bon, il doit surtout
être empilable, garder les mêmes
ingrédients et les mêmes recettes, de
façon à ce que le spectateur consommateur
retrouve le même goût formaté, soit en
pays de connaissance si je puis dire, ne
soit ni surpris, ni dérouté.
Pourquoi
et comment lutter contre ce phénomène ?
Nous
devons donc continuer à diffuser des
œuvres, des films différents, plus
exigeants sans doute, mais relevant de
la défense non d’un produit commercial, mais
d’une œuvre à part. Nous avons la
chance aux Rencontres de pouvoir programmer chaque semaine certains de
ces
films venus de toutes les régions, de tous les pays. Nous
avons la chance en
France d’avoir de nombreux festival présentant des
œuvres rares, avec à leur
tête le festival de Cannes et son marché du film.
Notre présence dans ces
festivals nous permet de faire un tri, un choix souvent difficile,
parfois
douloureux, entre de nombreux films intéressants, originaux,
nous faisant
découvrir l’Autre plutôt que le
même, pour retrouver les propos de Renucci. Cette
diversité de la production et
la diffusion des films en France est une exception culturelle
à laquelle nous
sommes attachés. Le développement des salles
dîtes d’Art et d’essai est un
phénomène unique en Europe et sans doute au monde. Il
faut le préserver
L’accusation
« d’élitisme »,
de difficulté des œuvres modernes ne tient pas.
Comme
le disait Jean Vilar pour son projet de Théâtre
National Populaire et pour le
festival d’Avignon, l’objectif est
d’être «
Elitaire
pour tous ». Cette
volonté de montrer à tous de belles
œuvres, d’en
parler, elle est notre raison d’être.
Alors comment y amener le plus grand
nombre ?
D’abord
en maintenant coûte que coûte cette offre. En
accompagnant le plus souvent possible la diffusion de ces films. En
maintenant
dans le cadre de l’Education Nationale, les dispositifs
« Ecole et
Cinéma » et
« Collège et
Cinéma » dont
l’association connaît l’importance.
Former de futurs spectateurs cinéphiles,
ayant acquis une culture de
cinéma, c’est un
objectif enthousiasmant mais complexe (je suis professeur !!). Aussi faut-il inciter
les parents à être eux-mêmes
les passeurs entre les films et leurs enfants. Je vois peu de jeunes
collégiens ou lycéens aux films dits d’art et d’essai et
même au festival en
septembre, ce qui me surprend toujours, quand j’entends les
exigences
parentales en terme de projets culturels dans le cadre scolaire.
L’école ne
peut seule résoudre ce problème de
goûts, de curiosité pour d’autres films
que
ceux qui semblent désigner à la consommation des
jeunes. Vos enfants ne sont
pas qu’une cible commerciale. Montrez
le…
Merci
donc à Robin Renucci d’avoir défendu
brillamment l’éducation populaire. Son
discours, son projet autour du
théâtre et du film sont exemplaires. Dommage que
le film soit nettement en deçà des attentes, trop
lourd parfois pour qu’existent
vraiment les personnages et qu’ils nous touchent !
Nous avons vu aussi en
cette fin juin, le remarquable Still
Life, une œuvre
riche, aboutie,
nous faisant découvrir une Chine souvent
méconnue, paradoxale,en pleine
construction/déconstruction, quoique issu d’une
civilisation très ancienne. Les
destins des 2 personnages en quête d’une personne
autrefois chère, proche mais
éloignée, nous a profondément
touché. La splendeur des plans, les choix de
lumière du réalisateur ne font que renforcer sa
capacité à évoquer la Chine
actuelle, moderne dans toute sa cruauté. Plus de 50
personnes étaient là ce
mercredi, ce qui nous a conforté dans ce choix. Le film a
été primé à Venise et
Jia Zhang Ke est bien un des auteurs majeurs de ce début de
siècle. C’est un cinéma
moderne, jeune, pouvant être vu par tous, sans
scènes de violence ou de sexe
inutiles et gratuites.
En
juillet…..
Syndromes and the Century, du
thaïlandais Apichatpong
Weerasethakul, relève de la
même volonté : faire
découvrir,
suivre un nouvel auteur thaïlandais, cette fois.
Après le troublant et
fascinant Tropical Malady, le
jeune
prodige thaïlandais, plasticien, vidéaste,
découvert à Cannes, nous envoûtera-t-il
à nouveau ?Je le souhaite. Son sens de la
durée du plan, son travail sur
l’image, les ombres et la clarté, les
mystères de ses œuvres nous emporteront vers
un ailleurs cinématographique à
découvrir, à apprivoiser. C’est mon
choix, mon
coup de coeur de ce mois-ci.
Pourtant,
suite au festival de
Cannes, plein d’autres cinéastes à
l’affiche méritent votre détour. Ils
sont
jeunes et prometteurs comme Raphaël
Nadjari, dont le film Avanim,
nous
avait bouleversé, il y a deux ans. Nadjari nous plonge dans
la réalité complexe
de la société israélienne, ses
contraintes, ses craintes, ses espoirs, ses
fanatiques religieux, mais aussi ses militants d’espoir. Tehilim,
nous plongera à nouveau au
cœur d’une famille juive et
j’espère que le
cinéaste confirmera son statut d’espoir du
cinéma israélien. C’est aussi le cas
de Christophe Honoré, de retour dans notre salle, moins
d’un an après avoir
découvert Dans Paris, à mon avis le
meilleur film français 2006, avec Lady
Chatterley. Avec Les Chansons
d’amour, Honoré,
toujours fasciné par la vitalité du
cinéma français des années 60, ici
celui de Jacques Demy, rend hommage à la
comédie musicale renouvelant le genre. Ce film, bien
accueilli par le public
cannois, fait la part belle à la chanson, à tous
les possibles amoureux
qu’elles évoquent, avec leurs joies, leurs peines.
Une nouvelle fois, il donne
sa chance à de jeunes comédiens, comme le
remarquable Louis Garrel, mais aussi
à Ludivine Sagnier ou Chiara Mastroianni. Un film
français grand public, sans
Depardieu, Auteuil, Jugnot, Clavier
; sans Deneuve, Adjani, Ardant, Binoche,
Seigner….cela
existe…Découvrez le avec nous en ce
début juillet !
Avec Le
Scaphandre et la Papillon,
adapté du best-seller de J. Dominique
Bauby, c’est le réalisateur américain
Julian Schnabel que nous pourrons
découvrir. Ce peintre reconnu, a déjà
réalisé 2 longs métrages, dont
l’intéressant Basquiat, sorte
de
biographie du jeune peintre français à la
trajectoire tragique, bien meilleure
que ce qui avait été dit. J’ai vu avec
plaisir ce film à la télévision et il
m’a paru fort. Outre la performance de Mathieu Amalric sur
son lit, ne
communiquant qu’avec l’œil, le pari
risqué de cette adaptation mérité le
détour
(film primé à Cannes).
Adapter
le roman de Cueco, Dialogue avec mon jardinier,
me semble aussi relever d’un pari, tant l’ornement
narratif y est mince et tant
la rencontre entre le peintre parisien et cet
ancien condisciple de
province devenu jardinier était peu palpitante,
assez conventionnelle, dans mon souvenir de lecteur peu enthousiaste.
Gageons
que Becker, après Les Enfants du
Marais réussira
à donner corps et vie à ces 2 personnages,
qu’interprètent parait-il avec brio
Auteuil et Darroussin. Un film à découvrir en
famille dans la douceur rurale
d’un fraîche nuit Rieupeyrousaine.
Je
ne dirai rien de Shrek 3,
tant le film a été
survendu. Qu’en attendre ? Une ruée
d’enfants vers le géant vert le plus
célèbre du moment. En juillet, il n’y a
pas école le lendemain et ceci vaut
pour les plus grands !
Reste
sur nos écrans 3 documentaires très
attendus : L’avocat
de la terreur du grand
cinéaste Barbet
Schroeder, tournant autour du
sémillant et intriguant Jacques
Vergès. Qu’a-t-il fait pendant 8 ans aux alentours
des années 70 ? Comment
peut on défendre tour à tour
Carlos, Anis Naccache, Barbie, et les héros
des résistances anticolonialistes ? Sous le
documentaire, de vrais interrogations
et un réel suspens.
Puis
le mercredi 11 juillet, We feed the
world, de Erwin
Wagenhofer, documentaire autrichien,
interrogeant la consommation,
la production de nourriture des européens et leur industrie
agroalimentaire.
Après Notre pain quotidien,
en juin,
un documentaire autrichien nous interroge à nouveau, cherche
à nous faire
réagir. La projection sera suivie d’un
débat avec Laurent Reversat, porte
parole de
la Confédération Paysanne de l’Aveyron,
et connaissant le sujet de
l’intérieur. Répéter le
succès de Notre
pain quotidien est notre objectif. Nous comptons sur vous !
Notre
salle a besoin de vous !
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| newsletter juin 2007 | | |
Après
Cannes….
Le palmarès du
dernier festival de Cannes doit nous
encourager, nous motiver car il vient confirmer de manière
éclatante des choix
courageux faits par l’équipe des Rencontres
à la Campagne.
En effet, le festival tout en
faisant la part belle
aux grands noms : Wong Kar Wai, Tarantino, les
frères Coen, Kusturica,
Fincher, avait retenu en sélection un certain nombre de
jeunes (ou moins
connus) cinéastes représentant toutes les
cinématographies vivantes de la
planète. Dans un ensemble reconnu unanimement de grande
qualité, ces auteurs de
demain ont tiré leur épingle du jeu et se
retrouvent projeter sur le devant de
la scène, alors même que les grandes machineries
hollywoodiennes ou françaises
cherchent à écraser le marché avec
leur combinaison excessives de salles :
voir « Spider-man 3 », « Pirates des
Caraïbes 3 »,
« Taxi
4 » ou bientôt le
dernier Astérix….
Ces jeunes cinéastes
ces cinématographies nouvelles,
nous les avons soutenus et nous les avons fait découvrir au
public de
Rieupeyroux, lors des Rencontres de septembre ou en salle lors de nos
chers
jeudis ou mercredis. En effet en septembre 2003, le jeune
cinéaste roumain Christian
Mungiu était parmi nous pour présenter son 1er
long métrage « Occident »,
découvert par
Elisabeth Kerebel, au festival de Montpellier. Il a obtenu une palme
faisant
l’unanimité pour « 4
mois, 3
semaines et 2 jours ». Naomi Kawase a
obtenu le prix spécial du jury
pour « La forêt
de Mogari ».
Nous avions consacré une belle soirée du festival
2004 à son œuvre, avec en
particulier « Shara »,
film
qui nous dévoilait un Japon mystérieux, dans
lequel modernité, fêtes
traditionnelles, sentiments religieux, cohabitent harmonieusement.
D’autres
cinéastes remarqués comme Christophe
Honoré et ses
« Chansons d’amour »,
Sokurov et son « Alexandra »,
Zviaguintsev et
« Le Banissement »
(«Izganie »), dont
l’acteur
principal a été couronné, mais aussi
Bela Tar le Hongrois, Raphaël Nadjari pour
Israël, Gus Van Sant et James Gray pour les Etats-Unis, tous
ont vu leurs
premiers films projetés à Rieupeyroux, parfois
malheureusement devant des
salles plutôt vides. Je me rappelle pourtant encore de la
beauté sidérante de
leur œuvre, de leur force (exemple : « Le
soleil » de Sokurov, «Dans
Paris » de Christophe Honoré en
2006, « Avanim »
de Nadjari ou « Les
Harmonies Werckmeister »
de Tar, « Le
retour » de Zviaguintsev),
de leur nouveauté dans un cinéma pour ados,
formaté à l’extrême
(exemple : « Elephant »
de Van Sant).
Oui,
le public de notre chère salle a eu de la chance
et ne me sentant pas responsables de ceux qui ne viennent pas
découvrir ces
grands films que l’on n’oublie pas, je pense que
nous continuerons à faire un
bout de chemin avec ces nouveaux talents et que tous ceux qui aiment le
cinéma,
tous ceux qui sont curieux, nous rejoindrons. Nous ne nous
étions pas trompés
mais nous ne tromperons pas !
Et
pour ce mois de juin, une grande œuvre couronnée
à
Venise en septembre, est à l’affiche en fin de
mois : « Still
Life »
de Jia Zhang Ke, immense jeune cinéaste chinois non
académique. En 2005, nous
avons pu découvrir « The
World », son opus
précédent, film d’un grand
intérêt sur cette Chine
qui nous intrigue et parfois nous inquiète. A travers ses
personnages d’origine
sociale, souvent modeste (ruraux déracinés
travaillant dans les grandes villes côtières),
Jia Zhang Ke nous parle de la Chine, des Chinois, de leurs
rêves, de
l’Occident, de la dureté de leur vie, de la
déshumanisation des rapports
sociaux, mais aussi affectifs, dans une société
sous surveillance. Il le fait
dans un langage cinématographique faisant une large part
à toutes les sortes
d’images qui nous entourent, nous construisent; des images
miniaturisées
(portables) aux larges plans de cinéma, de l’image
numérique à la photo d’un
vieux documentaire. Ses fictions parent de la Chine
d’aujourd’hui (ici, le
barrage des Trois Gorges), de cet « Ici
et Maintenant », cher au Godard des
années 70, du très grand et du
très petit (l’homme, ses amours), du proche (le
quotidien) et du lointain, de
la difficulté à communiquer avec les
nôtres, alors que les techniques nouvelles
nous permettent de communiquer avec
les autres ou plutôt les mêmes lointains. Jia Zhang
Ke
fait œuvre de démocratie en mettant au centre de
ses fictions ce peuple chinois
que l’on ne voit pas et n’entend pas, et auquel il
donne une image plus grande,
humanisant ce monstre froid capitalo-communiste du
« modèle
chinois ». A un an des Jeux Olympiques, un envers du
décor de la modernité
chinoise, que ce cinéaste interroge avec talent !
Bien
sûr, il y aura d’autres découvertes
intéressantes, comme le film
d’Emmanuel Cau « Très
bien merci », qui propose un
parcours aussi
absurde, qu’inquiétant dans la France moderne.
Gilbert Melki, à peine échappé des
griffes d’Isabelle Carré dans « Anna
M », film solide et prenant,
découvert ces jours-ci à Rieupeyroux, se
retrouve cette fois au commissariat de police, puis à
l’hôpital psychiatrique…sans
raisons bien sûr !
Il
y aura « Sempre
Vivu », 1er
film franco-corse de
Robien Renucci, présent dans nos murs à
l’initiative du Centre Culturel Aveyron
Ségala Viaur. Renucci, acteur reconnu, passionné
de théâtre, vu à Villefranche
de Rouergue dans « Le
pianiste » avec Michael Rudy,
spectacle qui a fait l’unanimité,
défend une politique d’éducation
populaire,
qui ne peut nous le rendre que plus attachant. Son travail avec ce
village
corse, cette fiction autour des traditions, nous avons hâte
de le découvrir.
Les
comédies familiales ont aussi leur place dans ce beau mois
de juin.
Nous avions oublié « Odette Toulemonde »,
vous la
réclamiez et la voilà. Merveilleuse Catherine
Frot, comédienne aimé des
Français !
Nous
retrouverons aussi Rowan
Atkinson, et ses
grimaces, son humour
populaire dans «
Les vacances de Mr Bean ». La
télévision publique
l’oublie, le cinéma nous le restitue tel
qu’en lui-même ; ne le boudons
pas !
Je
n’ai pas oublié les deux grosses productions
vedettes de ce printemps :
« Spider
man 3 » et « Pirates de Caraïbes
3 ».
Ces séries semblent parmi les meilleures du genre et pour
peu que les effets
spéciaux ne soient pas omniprésents,
peut-être y trouverons nous une évolution
des personnages, une densité psychologique qui nous les
rendent
attachants ? Et puis, il y a Johnny Depp et Tobey Maguire,
acteurs
étonnants, capables de tout !!!
Pour
la fin (la faim), j’ai gardé le meilleur des
documentaires « Notre
pain quotidien » de Nikolaus
Geyrhalter
,
projeté le vendredi 8 juin à 20h45 et le dimanche
10.
Ce documentaire, sans commentaires, met le spectateur face aux
réalités des
modes de productions agroalimentaires, des champs jusqu’aux
abattoirs. Le
réalisateur autrichien nous donne à voir une
série de plans fixes qui ne
peuvent que nous questionner sur les moyens de productions modernes. A
noter
que la projection du vendredi 8 juin se poursuivra par un
débat et une
intervention de Mme Mme
Geneviève Cazes-Valette, professeur
en Marketing et Technologie Agroalimentaires à
l’ESC de Toulouse et expert
auprès du Ministère de l'Agriculture
Rendez-vous
donc ce vendredi pour un film surprenant. A noter que le 11
Juillet nous poursuivrons notre réflexion autours de la
nouriture avec un autre
documentaire autrichien, We Feed The world.
GP
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