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| Newsletter Janvier | | |
Amis des
Rencontres…à la campagne et du cinéma
de Rieupeyroux
La Fin de l’automne est depuis quelques années, le
moment choisi par les distributeurs pour proposer des œuvres
majeures présentées dans les grands festivals
(Cannes, Venise). Ainsi avons-nous projeté en
décembre les derniers opus de Clint Eastwood, Brian de Palma,
Woody Allen et les fidèles des jeudi et lundi,
ont-ils pu découvrir le très beau film italien Libéro,
ou le provocant et Hilarant Borat…
Beaucoup de plaisir donc pour les fêtes.
Janvier nous promet d’autres grands moments de
cinéma avec des films qui font déjà
référence comme Lady Chatterley de Pascale Ferran,
Prix Louis delluc 2006, ou Cœurs d’Alain Resnais,
primé à Venise, mais aussi des films de jeunes
cinéastes venus de tous les horizons et jouant avec tous les
genres : The Host,
comédie fantastique monstrueuse du Sud Coréen
Joon-Ho Bag, Shortbus
comédie dramatique libérée venue du
cinéma indépendant, Café Transit
de l’iranien Cambosia Partovi, film engagé autour
de la question féminine en Iran.
Janvier sera aussi l’occasion de découvrir le
dernier James Bond,
Casino Royal, film plus ambitieux que les
précédents de la série, ou le premier
film de l’incontournable Roshdy
Zem, Mauvaise foi, comédie sociétale
toute en sensibilité.
Une programmation variée donc, éclectique bien
sur ce qui est, de nos jours, gage d’ambition et de
qualité ! Toutes les cinématographies, tous les
genres nous intéressent et souvent nous interpellent. Cette
ouverture au monde, à travers le cinéma a
toujours été l’ambition des Rencontres…à
la Campagne. Elle nous pousse aussi, à travers
la mise en route du réseau de promotion et de diffusion de
production audiovisuelle en régions à promouvoir
des œuvres de proximité, tournées dans
notre région.
Ce sera le cas lors de la soirée exceptionnelle du 12 janvier, avec la projection de 3 films de Jacques
Mitsch. Cet ami fidèle du festival, voisin
toulousain ayant vécu à Villefranche de Rouergue,
sera présent et pourra répondre à
toutes les réactions.
Ouverture
sur le monde d’ici et d’ailleurs,
échanges, rencontres, autant de mots clefs pour
l’équipe des Rencontres, heureuse de vous
souhaiter une bonne année cinématographique.....
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| Newsletter Février | | |
La
programmation de février
est l’occasion pour moi de rappeler quelques valeurs,
quelques
lignes directrices, auxquelles nous sommes attachés et sur
lesquelles nous nous appuyons pour construire une programmation et
donner de la cohérence à l’ensemble de
nos actions.
Prendre
en compte tous les publics, en diversifiant l’offre
d’œuvres, tant du point de vue du genre, que de
l’origine des films programmés
Ainsi
les vacances de février seront l’occasion pour les
enfants
de découvrir deux films d’animation
français,
originaux et drôles :
Piccolo, saxo et cie et
U de Serge
Elissade dont on nous dit le plus grand bien.
Pour
les ados, nous les invitons à venir découvrir Eragon de Stephen
Fougmeier et ces « nouveaux anciens » mondes ; mais
aussi La faute
à Fidel
de Julie Gavras, dont l’héroïne
âgée de
9 an, découvre le monde militant des grands, dans les
années 70.
Par notre travail, pour impulser et coordonner le dispositif Ecole et Cinéma,
nous avons donné une autre dimension à
cette prise
en compte du jeune public, à sa formation. Avec les
écoles, ils ont découvert et vont
découvrir des
œuvres du patrimoine cinématographique mondial :
films de
Tati, de Chaplin, de Tim Burton, de Flaherti, de Grimaud. Ce sont les
spectateurs de demain et nous devons les gâter.
Défendre
un cinéma d’auteurs reconnus proposant des
œuvres de qualité
C’est
le cas ce mois-ci, des cinéastes s’attaquant
à des
genres qu’ils maîtrisent comme Scorcese et ses
Infiltrés,
ou qu’ils abordent pour la 1ère fois,
comme Verhoeven de retour en Hollande se confrontant avec
l’histoire de son pays durant la seconde guerre mondiale. On
peut
considérer le mexicain Inàrrita comme un auteur
qui
s’est imposé en trois films (Amours Chiennes, 21 grammes
et Babel).
Babel a été primé
à Cannes,
retenue aux Golden Globe et aux Oscars, ce drame intercontinental et
aux révélations de l’année.
Ces
grands auteurs
sont aussi de grands directeurs d’acteurs comme
en témoignent les affiches : Dicaprio, Nicholson,
Matt
Damon, Carice Van Houten, Brad Pitt, Kate Blanchett… Quel
Plaisir
de les retrouver !
Faire découvrir
de nouvelles cinématographies (de futurs auteurs)....
Afin de proposer
des images autres, de s’ouvrir à
d’autres cultures,
à toutes le différences.
En
ces temps de
mondialisation uniforme et appauvrissante, c’est un devoir
que de
monter ces « ailleurs » parfois très
proches.
Ce
mois-ci ce sera
l’Afrique et le Tchad dans Daratt (saison sèche),
mais
aussi Le Violon du
cinéaste mexicain Vargas. Ces deux films ont
été remarqués par le public des
festivals,
à défaut des grosses maisons de production ou de
distribution. Croyez en les membre de notre équipe qui les
ont
vus, venez les découvrir.
En
ces temps
d’uniformisation des goûts, des habitudes, en ces
temps de
recherches frénétiques du même, en ces
temps
troubles où il n’y a plus de place pour une
critique libre
et une distribution équitable des films, il me semble de
notre
devoir de citoyen engagé de présenter des
œuvres
variées, des univers plastiques innovants, faisant
éclater le cadre étroit des fictions et
séries
télévisuelles, ou des produits
formatés prêt
à consommer et à être
oubliés.
Tout
le monde a le
droit au meilleur, au plus beau, tout le monde peut goûter
ces
œuvres, même quand elles dont exigeantes. Il ne
peut y
avoir d’élitisme, quand il y a
éclectisme. Ce sont
ces rencontres entre les œuvres et leur public dont nous
voulons
être les passeurs. Oui,
l’éclectisme est aussi humanisme.
Guy Pezet
Vice
président de l’association
Rencontres...à la Campagne
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| Newsletter Mars | | |
Quelques
considérations sur l’état du
cinéma !
Trop de films ? Il sortira cette
année environ 700 films. Il est difficile de
proposer, d’éliminer tout en gardant notre
identité en osant parler d’auteurs,
d’oeuvres, de culture au lieu de producteurs, produits et
commerce (voir
l’intervention de Pascale Ferran aux Césars ci-après).
Les problèmes
posés
Cette
intervention, cette sonnette d’alarme tirée par la
talentueuse cinéaste m’a fait chaud au coeur. Elle
a exposé avec clarté et dignité les
problèmes actuels du 7ème art, de ses artisans,
des choix de production faits. Elle a souligné la
disproportion des moyens médiatiques privés et
publics dont disposent les films. Assurer une visibilité,
une longue vie aux films les moins « bancables »,
c’est un enjeu vital pour tous les artisans du
cinéma ! C’est notre mission de salle
subventionnée, prônant une culture de
qualité, accessible à tous ! (voir, par exemple,
l’excellent «
Lady Chatterlay », oeuvre linéaire,
classique, maîtrisée, plaidoyer efficace pour les
films de qualité et pour le cinéma
français).
Le bonheur est-il toujours dans
le pré ?
Oui,
pour le film de Pascale Ferran et ses héros : les
prés, la forêt, la nature du Limousin
admirablement bien éclairés.
Non,
pour l’ensemble de la production cinématographique
courant aux basques de la télévision, pour
laquelle le bonheur semble être dans le près, le
proche, le même et parfois même dans le
prêt à voir, le prêt à
digérer, le prêt à oublier,
antinomiques du cinéma de qualité.
Godard
disait que «
le cinéma fabrique de la mémoire là
où la télévision fabrique de
l’oubli ». Il était
là au coeur du débat actuel. L’oubli en
marche permet de proposer des « sequels », des
séries de fiction se superposant, s’empilant en
s’annulant, des sortes de suite...tendance bien
réelle du cinéma commercial.
Un
beau mois de mars
Pour
échapper à cette uniformisation simplificatrice
du monde, pour retrouver « l’autre »,
pour découvrir des univers inattendus, la programmation de
ce mois-ci est pleine de promesses avec des oeuvres de grande
qualité, venant de cinématographies
différentes :
« Ping-Pong »,
1er film de Matthias Luthard, cinéaste
élégant réussissant à
installer une tension physique inquiétante entre des
personnages en quête de leur vérité et
dirigeant un jeune acteur exceptionnel, Sébastien
Urzendowsky (Paul).
« Inland Empire
» de David Lynch, très attendu
après l’intriguant « Mulholand Drive
». Lynch revient avec son monde
d’images inquiétantes, oniriques, sa
virtuosité de plasticien moderne (voir expo à la
Fondation Cartier à Paris), sa capacité
à créer le trouble, à
dérouter, à provoquer notre imaginaire.
« Le dernier des fous
» de Laurent Achard, film français
récompensé par les participants au prix Louis
Delluc, film choc dans un ensemble de comédies bourgeoises
souvent convenues. La famille dans sa version tragique.
Enfin
, dès ce week-end, le très attendu « Little Miss Sunshine
», film USA à petit budget,
indépendant, ayant sur le long temps (7 mois
déjà depuis sa sortie) trouvé un
public populaire et une reconnaissance qui nous ravissent.
Sacrée famille que celle des Hoover, sacré little
star que la petite Olive !
Le
programme fait aussi la part belle aux grosses productions de prestige,
comme «
Jacquou le Croquant », dont la
télévision publique nous avait donné
une sublime version, grâce à Stellio Lorenzi.
Qu’en aura fait le producteur, musicien,
réalisateur de Mylène Farmer ? Nous le
saurons bientôt.
De
même, «
Rocky Balboa » de et avec Sylvester Stallone,
permet de retrouver le légendaire boxeur, et « Taxi 4 »
de retrouver Marseille et ses deux héros en mal
d’aventures captivantes !
« La Môme
» qui triomphe partout, clôturera ce
mois, avec un moment d’émotion, un personnage de
légende, un film qu’on espère
à la hauteur des chansons éternelles de cette
figure immense de notre patrimoine musical.
A ne pas
oublier « La
vérité qui dérange »
de David Guggenheim et Al Gore, Oscar du meilleur documentaire suivi
d’un débat avec Pierre Barriac, un militant du
pays, passionnant et impressionnant dès qu’il
parle d’énergies renouvelables... Il pleut, alors
allons tous au cinéma !
Discours
de Pascale Ferran à la Cérémonie des
Césars 2007
Nous sommes nombreux dans cette salle à être
comédien, technicien ou réalisateur de
cinéma.
C’est
l’alliance de nos forces, de nos talents et de nos
singularités qui fabrique chaque film que produit le
cinéma français.
Par ailleurs, nous avons un
statut commun: nous sommes intermittents du spectacle.
Certains
d’entre nous sont indemnisés, d’autres
non; soit parce qu’ils n’ont pas
travaillé suffisamment d’heures, soit,
à l’inverse, parce que leurs salaires sont trop
élevés pour être indemnisés
dans les périodes non-travaillées.
C’est
un statut unique au monde. Pendant longtemps, il était
remarquable parce qu’il réussissait, tout en
prenant en compte la spécificité de nos
métiers, à atténuer un peu, un tout
petit peu, la très grande disparité de revenus
dans les milieux artistiques. C’était alors un
système mutualisé. Ils produisaient une forme
très concrète de solidarité entre les
différents acteurs de la chaîne de fabrication
d’un film, et aussi entre les
générations.
Depuis
des années, le MEDEF s’acharne à mettre
à mal ce statut, en s’attaquant par tous les
moyens possibles à la philosophie qui a
présidé à sa fondation.
Aujourd’hui, il y est
presque arrivé. De réformes en nouveau protocole,
il est arrivé à transformer un système
mutualisé en système capitalisé. Et
cela change tout. Cela veut dire, par exemple, que le montant des
indemnités n’est plus calculé sur la
base de la fonction de son bénéficiaire mais
exclusivement sur le montant de son salaire. Et plus ce salaire est
haut, plus haut sera le montant de ses indemnités.
Et
on en arrive à une absurdité complète
du système où, sous couvert de
résorber un déficit, on exclut les plus pauvres
pour mieux indemniser les plus riches.
Or, au même moment
exactement, à un autre bout de la chaîne de
fabrication des films, d’autres causes produisent les
mêmes effets. Je veux parler du système de
financement des films qui aboutit d’un
côté à des films de plus en plus riches
et de l’autre à des films extrêmement
pauvres.
Cette
fracture est récente dans l’histoire du
cinéma français.
Jusqu’à
il n’y a pas si longtemps, ce qu’on appelait les
films du milieu - justement parce qu’ils
n’étaient ni très riches ni
très pauvres - étaient même une sorte
de marque de fabrique de ce que le cinéma
français produisait de meilleur.
Leurs
auteurs - de Renoir à François Truffaut, de
Jacques Becker à Alain Resnais - avaient la plus haute
opinion des spectateurs à qui ils s’adressaient et
la plus grande ambition pour l’art
cinématographique. Ils avaient aussi, bon an mal an, les
moyens financiers de leurs ambitions.
Or,
ce sont ces films-là que le système de
financement actuel, et en premier lieu les chaînes de
télévision, s’emploient très
méthodiquement à faire disparaître.
En
assimilant les films à vocation artistique aux films pauvres
et les films de divertissement aux films riches, en cloisonnant les
deux catégories, en rendant quasi impossible pour un
cinéaste d’aujourd’hui le passage
d’une catégorie à une autre, le
système actuel trahit l’héritage des
plus grands cinéastes français. Et leur
volonté acharnée de ne jamais dissocier
création cinématographique, point de vue
personnel et adresse au plus grand nombre. Ce faisant, il
défait, maille après maille, le goût
des spectateurs; alors même que, pendant des
décennies, le public français était
considéré comme le plus curieux, le plus
exigeant, le plus cinéphile du monde.
Ici
comme ailleurs, la violence économique commence par tirer
vers le bas le goût du public puis cherche à nous
opposer. Elle n’est pas loin d’y arriver.
Les deux systèmes de
solidarité - entre les films eux-mêmes et entre
ceux qui les font -, ces deux systèmes qui faisaient tenir
ensemble le cinéma français sont au bord de la
rupture.
Alors
peut-être est-il temps de nous réveiller.
Peut-être
est-il temps de nous dire que notre amour individuel pour le
cinéma, aussi puissant soit-il, n’y suffira pas.
Peut-être
est-il temps de se battre, très méthodiquement
nous aussi, pour refonder des systèmes de
solidarité mis à mal et restaurer les conditions
de production et de distribution de films qui, tout en donnant
à voir la complexité du monde, allient ambition
artistique et plaisir du spectacle.
Nous
n’y arriverons pas, bien sûr, sans une forme de
volonté politique d’où
qu’elle vienne. Or, sur de tels sujets, force nous est de
constater que celle-ci est
désespérément muette.
Mais
rassurons-nous. Il reste 55 jours aux candidats à
l’élection présidentielle pour oser
prononcer le mot «culture».
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| Newsletter Avril | | |
Quelques retours en
arrière...
....pour poursuivre une
réflexion sur
l’état actuel du
cinéma. Lorsque la
télévision
fabriquait de la mémoire pour inverser l’aphorisme
godardien, c’était lors des
réalisations de Stelio Lorenzi, adaptant pour la TV
publique, un roman populaire méconnu : « Jacquou
le Croquant ». Cette dramatique série TV a inscrit
dans la mémoire de millions de français, le
destin tragique, la vie simple, miséreuse de ce fils de
métayer, menant la révolte contre le comte de
Nansac, tenant de la restauration des privilèges.
Le
film de Laurent Boutonnat ne laissera gageons-le, que de
l’oubli. En effet, il faillit là où
Lorenzi avait gagné : installer un paysage, une ambiance, un
mode de vie, installer des personnages en particulier le jeune Jacquou.
Que propose-t-il ? Un spectacle, un affrontement, une confrontation de
personnages oubliant souvent le roman de Le Roy, en changent
radicalement les données. Certes du bruit, de la fureur,
mais que peu d’émotions et aucune
réflexion véritable sur les enjeux sociaux et
politiques de la révolte du jeune Jacquou ; un oubli total
de cette fatalité du malheur inscrite dans
l’imaginaire chrétien de la paysannerie qui
frappait si justement, dans le livre et la dramatique série
TV.
Dommage
donc ! Laurent Boutonnat compositeur, producteur des spectacles de
Mylène Farmer, réalisateur de ses clips, propose
une mise en scène spectaculaire de scènes bien
rythmées, sans jamais donner corps et âme au
moindre personnage.
De nombreuses sorties de
films...
Notre cerveau est tout de suite
libre pour voir d’autres films, vu le nombre
pléthorique de sorties de mars et d’avril,
étant donné l’appel constant
à la consommation rapide des spectacles filmiques, on
pourrait s’en réjouir, mais la profusion tue
souvent la qualité et il va falloir être vigilant
pour débusquer les films rares, marquants comme le
« PingPong » de Matthias Luthardt ou « Le
violon » de Francisco Vargas, dont on a envie de parler en
sortant de la salle. Heureusement certains de ces films, peu
exposés, le deviennent grâce au bouche
à oreille qui les porte, aux prix qu’ils
reçoivent dans les festivals.
C’était
le cas du rafraîchissant « Little Miss Sunshine
», ce qui l’est davantage encore pour «
La vie des autres » de Florien Henckel Von Donnersmarck.
Prix du meilleur film européen 2006 sur Arte, sa
carrière en Allemagne et en France est tout à
fait remarquable. Ce film très attendu, nous propose une
plongée dans le monde triste et oppressant de la Stari, en
ex RDA, dans un univers quotidien fait de restrictions, de surveillance
intime, de délation pour tout artiste susceptible
d’originalité, d’inventions non
conformes. C’est bien plus intéressant que
« Good bye Lenine », c’est plus fort,
plus complexe. Un grand moment de cinéma politique et un
grand acteur Ulrich Mühe, à découvrir en
fin de mois.
Auparavant,
nous aurons pu découvrir le dernier opus du danois Lars Von Trier,
dont les films ne peuvent laisser indifférents, tant ils
provoquent le spectateur, tout en proposant des manières
nouvelles de penser la mise en scène. Depuis
« Element of Crime », «
Breaking the waves», film follement lyrique,
jusqu’à « Dogville », sorte de
fable théâtrale stigmatisant les excès
du puritanisme et donc de la démocratie
américaine, en passant par « Dancer in the dark
», comédie musicale et mélo social
flamboyant, Lars Von Trier poursuit une oeuvre dérangeante,
qui interpelle. Cette fois-ci, c’est au monde du travail
moderne qu’il s’attaque, dans «
Direktor », avec humour paraît-il.
Nous
vous proposons aussi le dernier et admirable film de Clint Eastwood «
Lettres d’Iwo Jima », contrepoint vu du
côté japonais d’un film que
j’ai beaucoup aimé en décembre
«Mémoires de nos pères ».
Clint Eastwood réfléchit sur la guerre, sur le
film de guerre, en proposant deux films autour de la même
bataille sanglante, celle d’Iwo Jima à
l’été 45. En adoptant les deux points
de vue opposés, il dénonce les excès
du nationalisme de l’impérialisme dans les deux
camps. Son propos m’a paru étonnamment
engagé pour une réalisateur dont on disait (il y
a 20 ans, c’est vrai !) qu’il était un
réactionnaire américain. C’est un grand
metteur en scène avant tout et ses films de guerre
puissants, splendides renvoient « Indigènes
» de Bouchareb au rang de petit film TV à
thème. Comme le bon vin, Eastwood vieillit bien !
Autre
valeur sûre à l’affiche ce mois-ci, André
Téchiné. Son dernier film «
Les témoins » avec Emmanuelle
Béart, Michel Blanc, Sami Bouajila entre autres, aborde le
thème du sida et de ses ravages dans un milieu libre
où hétéros et homos s’aiment
passionnément. Téchiné est avant tout
un grand directeur d’acteurs, de stars dont il obtient le
meilleur (Deneuve, Depardieu, Auteuil, Béart…),
mais aussi de jeunes talents comme Johan Libéreau ici,
Elodie Bouchez, Gaspard Ulliel, Stéphane
Morel….découverts dans ses films. C’est
aussi un formidable réalisateur, s’entourant des
meilleurs pour filmer un paysage, sa lumière, son potentiel
dramatique.
Ce
mois d’avril sera aussi l’occasion de
découvrir le film de Valérie
Guignabodet «
Danse avec lui », un film dont le cheval est roi,
dans lequel, outre Mathilde Seigner, on retrouvera avec plaisir, un
comédien rare, l’excellent Sami Frey.
Pour
les plus jeunes et pour tous les amoureux du fantastique et de
l’humour, nous proposons «
La nuit au musée », film ayant
déjà attiré en France près
de 3 millions de spectateurs, et bénéficiant
d’un fort bouche à oreille.
Nous
découvrirons aussi le «
Molière » de Laurent Tirard, avec
Romain Duris et Luchini, dans un genre sur lequel nous reviendrons
bientôt dans cette rubrique, la biographie
d’artistes célèbres dont la vie semble
excéder l’Art, la puissance créatrice,
ce qui peut paraître curieux. Ceux qui ont vu le remarquable
« Molière » d’Ariane Mouchkine
dans les années 85/90 se rappellent de cet hommage au
théâtre, et de la composition
stupéfiante de Philippe Caubère. C’est
avec impatience que l’on attend Duris et Laurent Triard sur
la vie de Molière.
N’oublions
pas non plus la dernière grande réalisation de Zang Yimou
« La cité interdite », film
historique à grand spectacle, aux images somptueuses, sur
une civilisation qu’il est urgent de découvrir,
celle de la Chine médiévale.
Pour
mai, nous aurons le choix, si j’en juge par les affiches qui
s’annoncent : « Still Life » de Jia Zhang
Ke, primé à Venise, « Ne touchez pas la
hache », de Rivette, d’après Balzac et
toujours des documentaires intéressants que nous essaierons
de programmer pour mieux en débatte comme « Notre
pain quotidien » sur la fabrication de notre alimentation. A
bientôt !
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| newsletter mai | | |
Quelques
remarques sur une certaine tendance du cinéma
français et...d'ailleurs
Les
biopics ou les biographies de
personnages célèbres envahissent les
écrans : après
"Ray", "The Aviator", "Truman Capote"
aux USA, voici "Molière",
"La
Môme", "La Fontaine le défi", autant de
grands noms que
notre cinéma célèbre,
espérant
profiter de leur prestige, de leur place dans la coeur et
l’imaginaire
collectif culturel du public, pour attirer celui-ci et remplir les
caisses. Le
problème avec ces personnages
illustres, ces « stars »,
c’est que leur vie, souvent connue, dépasse tout
ce que l’on aurait pu imaginer
et écrase l’œuvre, l’Art dont
le cinéma a bien du mal à rendre compte. Leur
art, leur génie, voilà le grand absent de ces
films (syndrome Lagarde &
Michard, tu frappes encore).
C’est
évident avec "La
Môme",
film plutôt
réussi, me semble-t-il, avec des choix de mise en
scène intéressants (retours
en arrière, retours en avant, parfois trop
systématiques, il est vrai) qui
permettent de donner corps à ce personnage de
cinéma, en particulier lors des
scènes concernant l’enfance, ou à la
séquence plus attendue avec Cerdan. La vie
extra-ordinaire de Piaf, ce destin « bigger than
life » suffit à nous
intéresser (voir "Ray",
issu aussi des milieux populaires) ; sa voix bien
restituée (très bonne
B.O. du film !) et l’interprétation
confondante de Marion Cotillard
emportent l’adhésion du public.
Il
en va autrement du
"Molière"
de Laurent Tirard qui choisit
de combler un trou dans la biographie mal connue de l’auteur
autour des années
1645-1650. Le scénario, reposant sur
l’idée que Molière aurait
rencontré des
personnages et des situations qu’il aurait
réinvestit dans ces grandes comédies
20 ans plus tard, me semble une idée assez stupide en soi,
mais tenable du
point de vue scénaristique. Le résultat, pour
divertissant qu’il soit, ne me
semble pas une réussite mémorable. Cette sorte de
quizz culturel brassant des
scènes du Bourgeois, du Tartuffe, du Misanthrope, sans
oublier Scapin, l’Ecoles
des femmes et peut-être d’autres non reconnues,
repose aussi sur des clins
d’œil humoristiques, anachroniques,
décalés, chers à Canal+, qui ici,
tombent à
plat, et brouillent la figure même de Molière
(exemple : le Colbertisme et
les délocalisations sauvages en Chine, mis en
parallèle totalement injustifiée
du point de vue historique). Qu’Edouard Baer,
désinvolte Dorante, tire son
épingle du jeu dans ce drôle de film, rien de
moins étonnant ! Pour le
spectateur, sur le long terme ce serait plus surprenant que le film
marque, laisse
une trace. Romain Duris ne fera pas oublier Philippe Caubère
dans le "Molière"
d’Ariane Mnouchkine, qui savait, elle, de quoi elle
parlait !
En
attendant la Fontaine, nous retrouverons sur nos écrans
Truman Capote dans "Scandaleusement
célèbre",
autour de la même
période de sa vie,
celle de l’écriture de son chef
d’œuvre « De sang
froid ». Ceux
qui comme moi, ont aimé "Truman Capote"
et l’interprétation de Philip Seymour
Hoffman, seront curieux de retrouver cet acteur
fascinant et cette genèse
d’une œuvre marquante. Du biopic vous dis-je, nous
n’y coupons pas. (Affaire à
suivre donc ! Maradona arrive, ante
mortem aux
dernières
nouvelles !)
Quant
au cinéma français bien vivant, nous retrouverons
beaucoup de ses meilleures affiches ce mois-ci
A tout seigneur, tout
honneur, le
dernier film du grand Jacques Rivette. Cinéaste phare de la
nouvelle vague, de
ces chères années 68, Rivette a
traversé les modes, les genres et tracé une
voie unique dans le cinéma d’auteur
français. Quand il se confronte aux grandes
œuvres littéraires, il peut être
éblouissant et sa modernité rencontre,
réactualise celle des œuvres adaptées.
Je pense à "La religieuse" de
Diderot, film interdit dans les
années 60, 68, et pourtant grand film visible par tous, dont
la liberté de ton
et la splendeur formelle bouleversent encore. Je pense aussi
à "La Belle
Noiseuse",
d’après Balzac déjà,
film ambitieux sur la peinture, le modèle, la
représentation, thèmes chers à
l’univers de Rivette. De retour chez Balzac, Rivette adapte
« La duchesse
de Langeais » dans "Ne
touchez pas la hache" avec Jeanne Balibar
et
Guillaume Depardieu.
De leur passion amoureuse, Rivette ne peut que tirer un grand
film ; des
voix l’ont comparé à
"Lady Chatterley", le
meilleur film que j’ai vu depuis
l’automne dernier. Alors, tous au cinéma ces 23 et
27 mai !
D’autres
jeunes réalisateurs de
comédies plus ou moins dramatiques sont au programme de ce
joli mois de mai.
C’est le cas de "La
tête de
Maman" de Carine Tardieu avec Karin
Viar, de "J’attends quelqu’un" de
Jérôme Bonnel avec Daroussin et Emmanuelle Devos,
films que l’on dit réussis,
avec des scénarios originaux, ne tombant pas toujours dans
le consensus mou, le
happy end triste des comédies grand public. Nous irons le
vérifier et pourrons
aussi juger de ce côté-là
très français, des comédies
surmédiatisées comme
"Ensemble
c’est tout" de Claude Berri,
d’après
Anna Gavalda, avec Audrey Tautou et Guillaume Canet, et "Le
prix à payer" d’Alexandra
Leclère (Les sœurs
fâchées en 2004) avec Clavier, Lanvin et Nathalie
Baye. Le slogan vulgaire
servant de bande annonce « Pas
de
cul, pas de fric » résistera-t-il
à cette pression des producteurs populaires du
consensus mou, du retour à
l’ordre moral bienséant final ?
"Anna M", de
Michel Spinoza avec Isabelle Carré et Gilbert
Melki, un des acteurs les plus intéressants de ce temps
(voir la trilogie de
Belvaux ou "Les temps qui
changent" de Téchiné), semble
être plus original encore et son sujet
fort plus intrigant. Laissez vous troubler par le charme
inquiétant de la belle
érotomane s’inventant une relation qui
n’existe pas.
Peut-être poursuivrons nous cette
exploration du jeune cinéma français avec le
très attendu "Très bien
merci" d’Emmanuelle Cuau en juin ?
…toujours avec Gilbert Melki ?
Il reste
à l’affiche pour les
adolescents, les jeunes et leurs parents, deux films venus des
USA : "300"
d’après la
BD
de Frank Miller ( Sin City) et sa réécriture de
la fameuse bataille des
Thermopyles, film venu du Net, très attendu, très
innovant, très esthétisée. Du
grand spectacle à voir uniquement sur grand
écran !
"Sunshine" annoncé
comme l’un des films d’anticipation, de
science-fiction, les meilleurs de l’année,
envisage la mort du soleil et donc
de l’espèce humaine pour 2057 ! Cela fait
froid dans le dos en ces temps
de réchauffement climatique angoissant.
J’ai gardé pour
finir "Belle
toujours "
de
Manoel De Oliveira, bientôt 100 ans et toujours vert. Le
génial cinéaste portugais revient sur "Belle de jour" de
Luis
Buñuel et imagine la rencontre 38 ans après entre
Husson (Piccoli) et Séverine
(Deneuve remplacé par Bulle Ogier que nous retrouverons chez
Rivette). Une
rencontre, un dialogue qui ne manquent pas de sel et De Oliveira
s’est toujours
autorisé tous les dispositifs de mise en scène
pour rendre compte de son
univers symboliste et de celui surréaliste de
Buñuel (les deux ont débuté en
1929 !). Que vive encore De Oliveira et ce magnifique
cinéma d’auteur
portugais dont nous attendons toujours la sortie d’"En avant
Jeunesse" de Pedro Costa, film le plus innovant de Cannes
2006, toujours
bloqué par les circuits de production, distribution.
Jusqu’à quand ?
Cannes 2007
s’annonce pour cette fin
du mois et c’est avec gourmandise que nous y pensons : "Volver", "Ping Pong", "Le vent se
lève", "Marie Antoinette"….films qui
ont été appréciés en 2006
et 2007,
faisaient partis de la sélection du dernier festival.
En
attendant, "Still Life"
de Jia Zhang
Ke,
dont j’avais beaucoup aimé "The
World" en 2005 à Rieupeyroux, sort sur les
écrans et il me tarde de
le découvrir, comme "Une jeunesse
chinoise" de Lou Ye ou le film Sud Coréen de Im Sang-soo "Le vieux
jardin".
A quelques
encablures des JO 2008, il faudrait bien
s’intéresser à la Chine.
Peut-être en
juin ?
G.P |
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Après
Cannes….
Le palmarès du
dernier festival de Cannes doit nous
encourager, nous motiver car il vient confirmer de manière
éclatante des choix
courageux faits par l’équipe des Rencontres
à la Campagne.
En effet, le festival tout en
faisant la part belle
aux grands noms : Wong Kar Wai, Tarantino, les
frères Coen, Kusturica,
Fincher, avait retenu en sélection un certain nombre de
jeunes (ou moins
connus) cinéastes représentant toutes les
cinématographies vivantes de la
planète. Dans un ensemble reconnu unanimement de grande
qualité, ces auteurs de
demain ont tiré leur épingle du jeu et se
retrouvent projeter sur le devant de
la scène, alors même que les grandes machineries
hollywoodiennes ou françaises
cherchent à écraser le marché avec
leur combinaison excessives de salles :
voir « Spider-man 3 », « Pirates des
Caraïbes 3 »,
« Taxi
4 » ou bientôt le
dernier Astérix….
Ces jeunes cinéastes
ces cinématographies nouvelles,
nous les avons soutenus et nous les avons fait découvrir au
public de
Rieupeyroux, lors des Rencontres de septembre ou en salle lors de nos
chers
jeudis ou mercredis. En effet en septembre 2003, le jeune
cinéaste roumain Christian
Mungiu était parmi nous pour présenter son 1er
long métrage « Occident »,
découvert par
Elisabeth Kerebel, au festival de Montpellier. Il a obtenu une palme
faisant
l’unanimité pour « 4
mois, 3
semaines et 2 jours ». Naomi Kawase a
obtenu le prix spécial du jury
pour « La forêt
de Mogari ».
Nous avions consacré une belle soirée du festival
2004 à son œuvre, avec en
particulier « Shara »,
film
qui nous dévoilait un Japon mystérieux, dans
lequel modernité, fêtes
traditionnelles, sentiments religieux, cohabitent harmonieusement.
D’autres
cinéastes remarqués comme Christophe
Honoré et ses
« Chansons d’amour »,
Sokurov et son « Alexandra »,
Zviaguintsev et
« Le Banissement »
(«Izganie »), dont
l’acteur
principal a été couronné, mais aussi
Bela Tar le Hongrois, Raphaël Nadjari pour
Israël, Gus Van Sant et James Gray pour les Etats-Unis, tous
ont vu leurs
premiers films projetés à Rieupeyroux, parfois
malheureusement devant des
salles plutôt vides. Je me rappelle pourtant encore de la
beauté sidérante de
leur œuvre, de leur force (exemple : « Le
soleil » de Sokurov, «Dans
Paris » de Christophe Honoré en
2006, « Avanim »
de Nadjari ou « Les
Harmonies Werckmeister »
de Tar, « Le
retour » de Zviaguintsev),
de leur nouveauté dans un cinéma pour ados,
formaté à l’extrême
(exemple : « Elephant »
de Van Sant).
Oui,
le public de notre chère salle a eu de la chance
et ne me sentant pas responsables de ceux qui ne viennent pas
découvrir ces
grands films que l’on n’oublie pas, je pense que
nous continuerons à faire un
bout de chemin avec ces nouveaux talents et que tous ceux qui aiment le
cinéma,
tous ceux qui sont curieux, nous rejoindrons. Nous ne nous
étions pas trompés
mais nous ne tromperons pas !
Et
pour ce mois de juin, une grande œuvre couronnée
à
Venise en septembre, est à l’affiche en fin de
mois : « Still
Life »
de Jia Zhang Ke, immense jeune cinéaste chinois non
académique. En 2005, nous
avons pu découvrir « The
World », son opus
précédent, film d’un grand
intérêt sur cette Chine
qui nous intrigue et parfois nous inquiète. A travers ses
personnages d’origine
sociale, souvent modeste (ruraux déracinés
travaillant dans les grandes villes côtières),
Jia Zhang Ke nous parle de la Chine, des Chinois, de leurs
rêves, de
l’Occident, de la dureté de leur vie, de la
déshumanisation des rapports
sociaux, mais aussi affectifs, dans une société
sous surveillance. Il le fait
dans un langage cinématographique faisant une large part
à toutes les sortes
d’images qui nous entourent, nous construisent; des images
miniaturisées
(portables) aux larges plans de cinéma, de l’image
numérique à la photo d’un
vieux documentaire. Ses fictions parent de la Chine
d’aujourd’hui (ici, le
barrage des Trois Gorges), de cet « Ici
et Maintenant », cher au Godard des
années 70, du très grand et du
très petit (l’homme, ses amours), du proche (le
quotidien) et du lointain, de
la difficulté à communiquer avec les
nôtres, alors que les techniques nouvelles
nous permettent de communiquer avec
les autres ou plutôt les mêmes lointains. Jia Zhang
Ke
fait œuvre de démocratie en mettant au centre de
ses fictions ce peuple chinois
que l’on ne voit pas et n’entend pas, et auquel il
donne une image plus grande,
humanisant ce monstre froid capitalo-communiste du
« modèle
chinois ». A un an des Jeux Olympiques, un envers du
décor de la modernité
chinoise, que ce cinéaste interroge avec talent !
Bien
sûr, il y aura d’autres découvertes
intéressantes, comme le film
d’Emmanuel Cau « Très
bien merci », qui propose un
parcours aussi
absurde, qu’inquiétant dans la France moderne.
Gilbert Melki, à peine échappé des
griffes d’Isabelle Carré dans « Anna
M », film solide et prenant,
découvert ces jours-ci à Rieupeyroux, se
retrouve cette fois au commissariat de police, puis à
l’hôpital psychiatrique…sans
raisons bien sûr !
Il
y aura « Sempre
Vivu », 1er
film franco-corse de
Robien Renucci, présent dans nos murs à
l’initiative du Centre Culturel Aveyron
Ségala Viaur. Renucci, acteur reconnu, passionné
de théâtre, vu à Villefranche
de Rouergue dans « Le
pianiste » avec Michael Rudy,
spectacle qui a fait l’unanimité,
défend une politique d’éducation
populaire,
qui ne peut nous le rendre que plus attachant. Son travail avec ce
village
corse, cette fiction autour des traditions, nous avons hâte
de le découvrir.
Les
comédies familiales ont aussi leur place dans ce beau mois
de juin.
Nous avions oublié « Odette Toulemonde »,
vous la
réclamiez et la voilà. Merveilleuse Catherine
Frot, comédienne aimé des
Français !
Nous
retrouverons aussi Rowan
Atkinson, et ses
grimaces, son humour
populaire dans «
Les vacances de Mr Bean ». La
télévision publique
l’oublie, le cinéma nous le restitue tel
qu’en lui-même ; ne le boudons
pas !
Je
n’ai pas oublié les deux grosses productions
vedettes de ce printemps :
« Spider
man 3 » et « Pirates de Caraïbes
3 ».
Ces séries semblent parmi les meilleures du genre et pour
peu que les effets
spéciaux ne soient pas omniprésents,
peut-être y trouverons nous une évolution
des personnages, une densité psychologique qui nous les
rendent
attachants ? Et puis, il y a Johnny Depp et Tobey Maguire,
acteurs
étonnants, capables de tout !!!
Pour
la fin (la faim), j’ai gardé le meilleur des
documentaires « Notre
pain quotidien » de Nikolaus
Geyrhalter
,
projeté le vendredi 8 juin à 20h45 et le dimanche
10.
Ce documentaire, sans commentaires, met le spectateur face aux
réalités des
modes de productions agroalimentaires, des champs jusqu’aux
abattoirs. Le
réalisateur autrichien nous donne à voir une
série de plans fixes qui ne
peuvent que nous questionner sur les moyens de productions modernes. A
noter
que la projection du vendredi 8 juin se poursuivra par un
débat et une
intervention de Mme Mme
Geneviève Cazes-Valette, professeur
en Marketing et Technologie Agroalimentaires à
l’ESC de Toulouse et expert
auprès du Ministère de l'Agriculture
Rendez-vous
donc ce vendredi pour un film surprenant. A noter que le 11
Juillet nous poursuivrons notre réflexion autours de la
nouriture avec un autre
documentaire autrichien, We Feed The world.
GP
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