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VILLEFRANCHE-DE-ROUERGUE (12) - CULTURE. STAGE D'ANALYSE FILMIQUE AU CINÉMA DE RIEUPEYROUX, LES 29 ET 30 JANVIER.
Documentaire : la quête sensible du réel
Article paru le 10/01/05 dans la Dépêche du Midi
Juché sur sa bicyclette, Francis Fourcou a
sillonné la France et la Belgique, faisant escale dans des
lieux de projection pas comme les autres, où le
cinéma fait débat et noue du lien. Il en a
ramené un documentaire, «
J'aime la vie, je fais du vélo, je vais au cinéma
».
À Rieupeyroux,
l'équipe des Rencontres à la campagne
compte bien programmer cette bobine. En attendant, cette envie, ce
genre cinématographique et la philosophie qu'il
véhicule constituent « une très bonne
entrée en matière » sur ce qui se passe
à Rieupeyroux.
« Nous avons envie de défendre un certain
cinéma, un cinéma qui n'est pas une marchandise
mais qui permet de faire des rencontres et de développer un
réflexe citoyen », plaide Élizabeth
Kérébel. Et son collègue Guy Pezet
d'ajouter : «
Nous sommes des passeurs de cinéma ».
Cette politique qui passe par des choix de programmation exigeants et
passionnés, chaque semaine et dans le cadre du festival
annuel, se décline aussi par des stages ouverts au plus
large public. Le prochain sera consacré à
l'analyse filmique du documentaire vu « à la
frontière du réel ». Il sera
animé par le critique Patrick Leboutte et Marc-Antoine
Roudil, réalisateur. Le duo était
présent lors de la dernière édition
festivalière, l'un pour mettre en perspective une
soirée années soixante et l'autre pour
présenter, son documentaire, « Par-devant notaire
».
« Quand on dit documentaire, on pense à tort
réel et rien que le réel. Cette analyse permettra
de réfléchir à la
nécessité de la mise en scène et du
mélange d'une part de fiction. Le documentaire est une
vision du réel », explique Guy Pezet.
Pour musarder le long de ce sentier, plusieurs extraits de
documentaires seront soumis aux stagiaires. En soirée,
« Déjà s'envole la fleur maigre
», sera projeté dans son
intégralité. Réalisé par
Paul Meyer en 1959, ce film, une commande de l'État belge,
est tombé dans les oubliettes pendant plus de 30 ans.
« Il s' agissait au départ de traiter de
l'intégration des immigrés dans les mines du
Borinage, mais petit à petit, le film a pris une autre
direction », souligne Guy Pezet. Chronique de la mort
annoncée de la mine et de la culture ouvrière, il
donne à voir les ratés de
l'intégration. Il met en scène une famille de
Siciliens. Il y a là Domenico, l'ancien qui rêve
de retour sur son île, des gosses qui dévalent les
terrils. « C'est un des plus beaux films jamais
réalisé sur l'enfance », en dit aussi
Patrick Leboutte.
C. S.-B.
Stage les 29 et 30
janvier au cinéma de Rieupeyroux. «Déjà
s'envole la fleur maigre » : projection samedi 29 janvier
à 20 h 45. Renseignements, tél. 05 65 65 60 75 ou
06 83 20 48 29.
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