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| LA LETTRE DE JUILLET | | | Coucou, me revoilou !
L'épuisante année scolaire a eu raison de ma
volonté de
commenter nos choix de programmation, mais la qualité de
celle-ci me pousse à
reprendre cette newsletter en cours de mois.
En effet, trois films intéressants sont à
l'affiche en juillet et je me devais
d'en dire un mot.
- En 1er lieu, "Film
socialisme" de Jean-Luc Godard, dont nous avons
peu proposé d'oeuvres récentes ces
dernières années. Godard pourtant continue
à
réfléchir sur le cinéma, son
évolution, son rapport avec le monde, le "ici
et maintenant" de sa fabrication. Il défend un
cinéma différent avec ses
décalages entre bande son et image, son travail toujours
pointu de la bande
son, son goût pour le texte (aphorismes, citations), sa
manière unique et
souvent novatrice de dire le monde, quand la
plupart des cinéastes le
racontent, ou même à mon avis, le sur racontent
(voir les grands blockbusters
U.S.A. et leurs modèles narratifs certes efficaces, dans le
meilleur des cas,
Avatar par exemple, mais peu subtils, Avatar encore, pour le sens de
l'histoire!).
Déconstruire, mettre à jour d'autres images et
peut-être d'autres histoires
(voir don histoire du cinéma), c'est ce que donne
à voir Jean-Luc Godard.Il était
déjà de bon ton de se moquer du cinéma
de Godard dans les années 60/70
(voir toute la critique de droite, celle des tontons flingueurs du
Figaro, de
l'Aurore, du Grapouillot,... j'en passe et des bien pires!), puis ce
conformisme anti auteuriste a gagné les rangs de la critique
bien/mal pensante
de la gauche classique, alors même que les questions
posées par Godard
restaient d'actualité et influençaient les
meilleurs des jeunes réalisateurs
des années 90/2000 : le jeune Almodovar, bien sûr,
Assayas, Desplechin, Zia
Zhang Khe, mais aussi Pedro Costa, Apichatpong Weerasethakul, que l'on
retrouve
souvent au palmarès des grands festivals, depuis quelques
années.
Ces questions sont éminemment
politiques : rapport entre les choix techniques
de filmage, de montage et la morale, rapport entre le cinéma
formaté pour la
T.V. et le cinéma, comme Art, rapport entre l'image et le
monde... "Film
socialisme" ne semble pas déroger à
la règle : il dérange,
suscite des polémiques, et nous nous devions de le montrer
à Rieupeyroux.
- De même pour "Policier
adjectif" de Corneliu Porumboiu, un de ces
cinéastes roumains, de la génération
Mungiu, auxquels les Rencontres sont
fidèles. Porumboiu avait obtenu la Caméra d'or
pour "12h07 à l'Est de
Bucarest" que nous avions projeté au festival en 2007. Son
sens du
décalage tragi-comique nous avait touchés. Sa
réflexion sur le sens et le poids
des mois et le choc des images et des mots autour d'un
événement mondialement
télévisé comme la chute de Ceaucescu,
nous avait profondément et subtilement
interpellé.
Avec " Policier
adjectif", c'est à l'univers codé du
film policier que
s'intéresse Porumboiu, mais aussi à la Roumanie,
au sens des mots, aux
questions de Genre (de nombre?) de nature, de fonction, si je puis dire
alors
même que je sui en vacances. Ce film a reçu un
accueil critique unanimement
positif de Télérama, aux Cahiers, d'Elle
à Critikat. com, c'est assez rare ces
derniers temps, pour être signalé !
- Pour terminer le mois, un documentaire musical "When
you're strange"
sur les Doors et leur figure pop mythique, Jim Morrison. A travers les
documents
d'époque, à travers les témoignages
des autre musiciens du groupe, c'est un
itinéraire fulgurant que Di Cillo reconstruit : celui du
chanteur poète, celui
de la star défoncée, celui d'un jeune homme qui
avait poussé les portes (The
Doors) de la perception chères à Aldous Huxley.
C'est le grand Johnny Depp qui
assure la narration de ce documentaire. Une raison
supplémentaire de retrouver
ces années pop, pas si faciles, pas si gaies, pas si
inconscientes que ce que
veulent bien en dire les trop pleines de clichés,
émissions revival TV sur les
Seventies. De Brian Jones à Jimmy Hendrix, de Janis Joplin
à Jim Morrison, les
victimes furent nombreuses et du strict point de vue de leur talent,
éminentes.
Plutôt que d'aller se recueillir sur sa tombe au
Père Lachaise, retrouvons le
beau Jim, dans ce grand documentaire.
En août, actualité chargée et premiers
textes sur le festival. Il n'y aura pas
de retard à la livraison.
Guy Pezet
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